D’année en année, la pluviométrie baisse d’une manière drastique suite aux changements climatiques. L’été dernier, l’eau des barrages a été épuisée à plus de 70%.

Mis à part les quelques millimètres de pluie tombés en ce début de semaine, le ciel reste avare en matière de pluviométrie.

Même si les autorités refusent d’évoquer le terme sécheresse, les experts qualifient ce manque de précipitations en pleine saison automnale de très inquiétant. En effet, la disponibilité de l’eau potable en Algérie est dans le risque.

D’année en année, la pluviométrie baisse d’une manière drastique suite aux changements climatiques. L’été dernier, l’eau des barrages a été épuisée à plus de 70%. Le grand barrage de Taksebt dans la Kabylie était carrément à sec.

Avec les faibles pluies constatées depuis le début de cet automne très doux, la situation est loin d’être rétablie. Les derniers chiffres font état d’un remplissage de 17% seulement de ce barrage, dont la capacité de stockage est estimée à 181 millions de mètres cubes d’eau.

Selon des sources rapprochées s’exprimant à un organe de presse privé, le barrage Taksebt ne dispose actuellement que de 29 millions de mètres cubes. Une quantité suffisante pour une durée de 45 jours seulement de pompage, à raison de 270 000 m3/jour.

«Il est prématuré d’évoquer le terme de sécheresse, étant donné que nous sommes seulement au début de la saison des pluies.

Il est aujourd’hui question de manque de pluviométrie dû aux changements climatiques. Prenant en considération cette nouvelle donne environnementale, nous avons mis en place une série de mesures qui seront dévoilées dans les prochains jours. Cela ne veut pas dire que la situation n’est pas prise en charge.

Nous avons lancé ces dernières années plusieurs actions dans le but de maîtriser cet éventuel manque d’eau potable, telles que la réalisation de plusieurs forages, dont 68 à Alger», déclare Moustiri Abdelatif, directeur de l’alimentation en eau potable au ministère des Ressources en eau. Selon lui, le taux de remplissage des barrages n’est livré qu’en fin de saison, soit en mars ou avril.

Selon une autre source au département d’Arezki Berraki, il est aujourd’hui question d’un véritable décalage de saisons.

Résultat direct du dérèglement climatique, la situation nécessite une prise en charge sérieuse, notamment en matière de disponibilité de l’eau potable destinée à la consommation directe ainsi que des ressources hydriques à utilité agricole.

Stress hydrique depuis plus de 20 ans

Un avis partagé par le Dr Fares Kessasra, maître de conférences à l’université de Jijel, expert dans les questions environnementales et consultant auprès de l’Unesco. «L’Algérie est soumise à un stress hydrique depuis près de 20 ans, exacerbé par les changements climatiques.

Ceci est une réalité scientifique qu’aucune langue de bois ne peut cacher. Les changements climatiques ne sont pas visibles par le manque de pluies, mais aussi par les pics de chaleur qui favorisent l’évaporation des eaux des barrages.

Même s’il pleut en grandes quantités, le pouvoir évaporatoire est énorme. Ceci sans compter l’envasement des barrages, des retenues collinaires et autres espaces de stockage d’eau», indique le Dr Fares Kessasra.

Il estime que la solution n’est pas dans la prière, mais dans des actions étudiées et bien ciblées en associant les scientifiques. Concrètement, il appelle à élaborer des plans d’action et d’adaptation à long terme, allant de 10 ans à 30 ans. «Nous avons, aujourd’hui, besoin d’une véritable stratégie d’adaptation aux changements climatiques.

Il ne s’agit pas seulement de la question de la raréfaction de l’eau de pluie, mais aussi des pics de chaleur et des autres phénomènes naturels qui impacteront la disponibilité de la ressource hydrique et de facto les autres secteurs qui y sont liés, tels que l’agriculture», ajoute notre interlocuteur.

Par ailleurs, le Dr Fares Kessasra appelle aussi à une meilleure distribution de l’eau, où il est question de rationalisation, certes, mais aussi de bonne qualité de l’eau distribuée aux populations à travers le territoire national.


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