Le juge près la cour de Khenchela devrait prononcer, aujourd’hui, son verdict dans le procès en appel de l’activiste Yacine Mebarki. Des intellectuels et des militants des droits de l’homme exigent sa libération et réclament le respect de la liberté de conscience.

Des écrivains, des universitaires, des journalistes et des militants des droits de l’homme appellent à la libération de Yacine Mebarki, condamné en première instance à une lourde peine de 10 ans de prison un milliard de centimes d’amende.

A la veille du verdict de son procès en appel, prévu pour aujourd’hui, les signataires, dont l’écrivain Anouar Benmalek, Mohammed Harbi, Djamel Zenati, Madjid Bencheikh, Addi Lahouari et Arezki Aït Larbi…, dénoncent «cette parodie de justice». «Le tribunal correctionnel de Khenchela vient de condamner Yacine Mebarki, jeune agriculteur, père de 3 enfants, à 10 ans de prison et une amende d’un milliard de centimes (50 000 euros) pour ‘‘promotion de l’athéisme’’.

Son crime : il avait revendiqué la laïcité dans un article publié sur Facebook», rappellent-ils dans une déclaration rendue publique hier. Les signataires affirment aussi que «ce verdict sans fondement juridique est une violation des lois de la République et des conventions internationales relatives aux droits humains ratifiées par l’Algérie qui garantissent la liberté de conscience».

«Le procès en sorcellerie révèle l’état de décomposition d’une justice soumise, répressive, instrument idéologique de l’obscurantisme, de l’intolérance et de la régression», soulignent-ils.

Convaincus que le respect de la diversité dans une société plurielle est le principal garant d’une paix civile durable, ils «dénoncent cette parodie de justice et exigent la libération immédiate et sans condition de Yacine Mebarki». Poursuivant, ils appellent aussi «les autorités au respect des libertés fondamentales, notamment la liberté d’expression, d’opinion et de conscience».

Yacine Mebarki, rappelons-le, a été arrêté au début du mois d’octobre dernier. Jugé en comparution immédiate, le 8 octobre, il avait été condamné pour «offense ou dénigrement du dogme ou des préceptes de l’islam», «incitation à l’athéisme» et «atteinte à l’unité nationale». Cette condamnation a suscité une vague d’indignation parmi l’opinion publique.

Pour de nombreux observateurs, c’est le principe constitutionnel de la liberté de conscience qui vient d’être remis en cause.

Lors de son procès en appel, tenu le 10 novembre à la cour de Khenchela, les deux avocats de la défense, Hachem Sassi et Ramzi Chekhab, ont «démontré l’absurdité des éléments à charge et le complot qui serait dissimulé derrière toute l’affaire».

Le juge, selon les comptes rendus de la presse, l’a notamment interrogé sur son compte Facebook «Yacine Chaoui Amazigh». Il lui a demandé pourquoi il a choisi le surnoms de «Chaoui Amazigh». Pour sa part, le procureur de la République a requis la confirmation du jugement de première instance.

Cette affaire confirme la traque de l’expression sur les réseaux lancée depuis 2019. Cette campagne a conduit à l’arrestation de plusieurs dizaines d’activistes du hirak, qui sont jugés et condamnés à des peines d’emprisonnement. Dans certains cas, les «accusés» sont placés en détention provisoire.


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