Vision conférence du président de l'Anavad à Targa Uzemmur
Vision conférence du président de l’Anavad à Targa Uzemmur

KABYLIE (TAMURT) – Pour le Président de l’Anavad, Ferhat Mehenni, seule la détermination du peuple kabyle est à même d’accélérer l’indépendance de la Kabylie. C’est ce qu’il a affirmé en substance, hier mardi, en réponse à une question qui lui a été posée en marge de la visioconférence qu’il a animée avec les étudiants de la résidence universitaire Targa Ouzemour à Vgayet. « (…) En tous les cas, ce n’est pas très loin », a-t-il insisté dans sa réponse à un étudiant qui lui demandait combien de temps la Kabylie devrait attendre pour arracher son indépendance.

Malgré la tentative du pouvoir algérien d’empêcher la tenue de la visioconférence programmée, mardi 06 avril, par la Coordination universitaire MAK de Vgayet, l’évènement a bel et bien eu lieu grâce à une remarquable résistance des étudiants indépendantistes. Ni la mobilisation par l’administration des agents de sécurité de la cité universitaire ni la coupure d’électricité n’ont dissuadé les organisateurs de cette visioconférence. Le thème abordé par le Président du gouvernement provisoire kabyle en exil, à l’occasion de cette rencontre entrant dans le cadre de la commémoration du printemps Berbère, s’intitule « Kabylie : L’après indépendance ». M. Ferhat Mehenni a énuméré dans son exposé les priorités sur lesquelles doit s’atteler l’Etat Kabyle, une fois son indépendance recouvrée. La sécurisation des frontières, l’élaboration d’un nouveau découpage administratif, la kabylisation de l’administration, le développement d’une économie de l’intelligence basée sur la recherche scientifique et technologique, la mise en place d’un système éducatif moderne sont autant de projets prioritaires pour le premier gouvernement de l’Etat indépendant Kabyle, selon le Président de l’Anavad. Celui-ci croit dans « le génie de la jeunesse kabyle pour construire un Etat moderne basé sur l’effort, le travail et le respect des lois.»

Concernant les énergies, indispensables aux activités humaines, l’Etat Kabyle doit investir, préconise Ferhat Mehenni, dans les énergies renouvelables (énergie solaire et éolienne). « En cinq ans, la Kabylie ressemblera à des Etats modernes comme l’Italie ou le Portugal », a-t-il promis. Mais, quand est-ce que ce rêve deviendra réalité ? Et quelles sont les actions que les kabyles doivent entreprendre pour sa concrétisation ? C’est la question posée par un étudiant au Président de l’Anavad. « Quand le peuple kabyle décide de couper définitivement avec l’Algérie, ce jour-là, on aura l’indépendance. (…) Il n’y a que la détermination du peuple kabyle qui peut accélérer la marche de l’histoire et l’arrivée de l’indépendance de la Kabylie. Soyons solidaires, forts et déterminés. A partir de là, ça ne sera qu’une question d’heures. Vous savez dans cette entreprise le plus important ce n’est pas le pouvoir algérien, ce sont d’abord les kabyles eux-mêmes qu’il faut convaincre. Il faut que les kabyles soient dans leur écrasante majorité pour l’indépendance. Ensuite, organisés comme nous sommes, en un seul mois ou une seule semaine nous pouvons mettre hors d’état de nuire l’Etat algérien et faire émerger l’Etat kabyle par lui-même. Le gouvernement algérien ne peut pas alors tenir 24h face à nous. Je ne peux pas vous dire si cela arrivera dans un mois, un an ou deux ans, mais en tous les cas, ce n’est pas très loin », a-t-il affirmé.

Parmi les actions qui peuvent montrer la détermination du peuple kabyle et par conséquent faire accélérer l’obtention de son indépendance, M. Ferhat Mehenni propose une désobéissance civile en paralysant l’administration algérienne en Kabylie. Dans un autre chapitre, appelé par un étudiant à donner son avis sur la création de l’Union pour la République Kabyle (URK), un autre mouvement militant exclusivement pour l’indépendance de la Kabylie, né en décembre 2017, le Président de l’Anavad ne considère pas ce deuxième mouvement indépendantiste comme étant un obstacle au MAK, au contraire. En outre, il avouera l’existence « de tractations et d’un dialogue pour réunir le peuple kabyle sous le même mot d’ordre, à savoir l’indépendance de la Kabylie.» Justement, seules les personnes militant pour l’indépendance de la Kabylie ouvrent droit à siéger au sien du parlement kabyle, a tranché le Président de l’Anavad.

Arezki Massi



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