La commune d’At Mellikeche, à l’extrême sud-ouest de Béjaïa, réclame à l’orée de cette nouvelle année 2021 du gaz naturel.

Région montagneuse où le froid d’hiver sévit rudement, At Mellikeche est un exemple parfait de ces nombreuses zones qui ont toujours été «d’ombre» pour reprendre le nouveau vocable que leur consacre la littérature officielle. Et elle l’est toujours.

La commune a bénéficié en 2012 d’un projet de raccordement au réseau du gaz naturel à partir d’Allaghen, sur la RN26. Huit ans sont passés et rien de concret. La population se trouve encore à réclamer son droit à disposer de cette denrée. Le chantier a démarré avec du retard, soit à la fin 2014 l’année où les At Mellikeche devaient avoir le gaz naturel. Six ans plus tard, il n’a avancé que de moitié à peine.

Exaspérée par cette situation et perdant patience, la population a réagi à travers son mouvement associatif. Une vingtaine d’associations, essentiellement socioculturelles mais aussi sportives, de parents d’élèves et caritatives, ainsi que le bureau de l’organisation des enfants de chouhada, se sont organisés en un collectif pour interpeller les autorités, dans l’espoir d’une hypothétique écoute.

Au wali, le collectif rend compte «du calvaire des habitants» et lui rappelle les précédentes requêtes formulées à propos des lenteurs qui ont suivi l’ouverture du chantier. «Depuis cette date, nous vous avons saisi à plusieurs reprises sur la lenteur observée dans la réalisation du projet en question, et nous vous avons même fait part qu’à ce rythme la mise en service de ce dernier n’aura pas lieu avant 2020» écrit-il

. En ce début 2021, le gaz naturel devrait donc être dans tous les foyers des At Mellikeche au vu des délais allongés. «Hélas, à ce jour, le taux d’avancement ne dépasse pas 50%» déplore le collectif. «Tout le chantier est pratiquement à l’arrêt, à At Ouamar, Aguentour, Atmarî, At Oureqqas….

Le seul qui a quelque peu avancé c’est à Igneni Guerrouz, le chef-lieu de la commune, Taghalat…. Nos voisins à Iâzounène (petit village relevant de la commune d’Ighram) ont le gaz depuis deux ans, quant à nous, nous l’attendons depuis de longues années», nous dit, dépité, Boussaad Benrabah, président de l’association socioculturelle d’Amarî, l’un des gros villages des At Mellikeche.

Ras-le-bol

Les dix-sept associations relancent le wali et s’en remettent à lui pour donner un coup de pied dans la fourmilière. Elles viennent «pour une énième fois, écrivent-elles, vous faire part du ras-le-bol des citoyens par rapport à cette situation qui rend la vie insupportable dans cette commune qui a donné plus d’un quart de sa population pour l’indépendance de notre pays (plus de 1000 martyrs)».

Ce ras-le-bol né de cet éternel chantier est exacerbé par la dégradation du réseau routier qu’il impose et qu’il maintient toujours en l’état. Ce qui amène ces associations à en vouloir aux entreprises réalisatrices, en montrant du doigt «la destruction de l’ensemble de (…) ruelles ainsi que le chemin de wilaya n°7 par ces fameuses entreprises qui n’ont même pas les moyens nécessaires pour l’achèvement des travaux d’une simple habitation».

Le calvaire est partagé par la totalité des villages de la commune dont ceux représentés par les associations signataires, à savoir Amarî, Aguentour, Taka, Taghalat, Tinessouine, Iagachène, At Ouamar, Tabouda et At Fdila. La population devra encore se confronter à la pénible quête de la bonbonne de gaz butane chez les rares points de vente des particuliers. «Se chauffer à l’électricité nous coûte les yeux de la tête» témoigne Boussaad.

Des copies de leur requête sont adressées au ministère de l’Énergie et des Mines et à la direction de wilaya qui le représente ainsi qu’au président de l’APC et le chef de la daïra de Tazmalt. Sans suite. Leurs premières correspondances ayant été sans effet, le collectif a même destiné des copies de sa dernière requête au directeur de la Sonelgaz et au chef de la brigade de la gendarmerie, leur «calvaire» devant être connu par un maximum d’autorités.

«En réaction à notre dernière sortie, nous apprenons que la direction de l’Energie a jeté la balle dans le camp de l’APC lui reprochant de ne l’avoir pas saisi sur les lenteurs des entrepreneurs, alors que nous les en avons informés par correspondances à quatre reprises», soutient Boussad Benrabah.

En reprochant aux autorités leur laxisme face à ces lenteurs, les signataires de la requête préviennent contre le risque de fermeture de route «du moment que ces dernières ne répondent favorablement


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