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Rires et sourires des uns, pleurs et chagrin des autres, 2021 ne déroge pas à la règle. Avant de sortir du temps, l’année offre aux Algériens transis un immense cri de joie, lorsque le joueur Belaïli, inspiré par un long tir, terrassa le gardien de but marocain. Une folle ambiance populaire, dans le ton de la finale de la Coupe d’Afrique du Caire qui porta au pinacle notre équipe nationale.

Merveilleux football qui sait panser les plaies, même d’une manière fugace. Et les blessures, il y en eut de terribles. La Méditerranée n’a pas arrêté d’avaler des êtres humaines et de stopper net leur désir d’une vie meilleure sous d’autres cieux. Jeunes pour la plupart, souvent des femmes et des enfants. Et c’est en pleine troisième vague du coronavirus qu’a surgi une grave pénurie d’oxygène qui a emporté des dizaines de malades. Une panique jamais vue qui a fini par s’estomper sous l’effet d’un formidable élan de solidarité dans le pays et à l’étranger et d’un sursaut salutaire des pouvoirs publics.

C’est au cœur de l’été que s’abattit un autre malheur, les incendies de forêt terrifiants, en Kabylie, notamment, qui perdit un grand nombre de vies humaines et ses oliviers centenaires. Et en pleine apocalypse, des esprits inconscients poussèrent à la mort le jeune artiste Bensmaïl sous l’insensé motif de pyromanie. Le salut vint du père de la victime qui sut trouver le courage et les mots qu’il fallait pour dédramatiser l’incident. Il appela à la fraternité nationale, ce fut un grand moment pour l’Algérie. Mais vite s’abattit une vague d’arrestations de citoyens accusés de «séparatisme» ou d’«appartenance à des groupes terroristes».

Ils sont venus grossir le lot des autres détenus dans le pays, ce qui fit dire à des ONG et des défenseurs des droits de l’homme, à la faveur de la célébration du 73e anniversaire de la Déclaration universelle des droits de l’homme, que «2021 est une année sombre pour les droits de l’homme». Aussi, ils appellent à «la libération inconditionnelle de l’ensemble des détenus d’opinion, dont les journalistes, les défenseurs des droits humains et les avocats».

Ils sont près de 300 et aux affres de la détention s’ajoute la lenteur dramatique de la programmation de leurs procès. De tout cela, les autorités n’en font pas un problème, convaincues qu’elles sont dans leur rôle de «préserver l’unité nationale et l’Etat», ce qui figure dans la plupart des chefs d’accusation élaborés au niveau de la justice. Pour les dirigeants, l’urgence aujourd’hui est dans l’économie et le social et, dans ses interventions, le président Tebboune n’évoque pratiquement que cela.

On devine mieux sa pensée politique aujourd’hui, deux ans après son arrivée au palais d’El Mouradia. Il semble ne pas trop accorder d’importance aux questions de politique interne, ne s’y impliquant que lors des moments électoraux pour «parachever», selon son propos, «le processus de renouvellement des assemblées et des institutions». Il apparaît ne pas trop s’embarrasser des questions liées aux droits de l’homme, mais il n’hésite pas, par moments, à accorder des grâces présidentielles.

A ses yeux, pour rendre le sourire aux Algériens, il faut d’abord les sortir du sous-développement, quitte à sacrifier quelque peu leurs libertés démocratiques et un peu des facilités sociales accordées par les régimes politiques précédents. Le plus important, dans son discours, est d’aller au plus près des problèmes économiques et sociaux auxquels est confronté le pays. En cela, il diffère de Bouteflika et de Chadli, mais se rapproche davantage de Boumediène auquel il emprunte l’idée des réunions du gouvernement dans les wilayas et les conclaves avec les cadres de la nation. Jusqu’où pourra aller sa politique ?

Le Président donne rendez-vous pour l’année prochaine pour juger de sa fiabilité. Les Algériens n’ont pas d’autre choix que d’attendre, avec un seul espoir, qu’il n’y aura plus les larmes de 2021.


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