Nous avons brisé le mur de la peur», a martelé un manifestant, lors de la marche du hirak, hier à Tizi Ouzou, où un impressionnant dispositif sécuritaire a été déployé pour empêcher les citoyens de participer à cette action de terrain, qui s’inscrit toujours dans le sillage du mouvement populaire enclenché le 22 février 2019 pour le départ du système. D’ailleurs, à 12h déjà, des policiers postés en bas du campus Hasnaoua filtraient les passants se dirigeant vers la ville.

Un contrôle systématique d’identité est instauré par les éléments des services de sécurité. «Vos papiers. Vous voulez aller où ?» demandaient-ils aux citoyens. «Pas de regroupement», insistent-ils, parfois sur un ton brutal. «Emchi (Dégage)», nous a lancé un policier devant le stade du 1er Novembre. Et pourtant, nous lui avons exhibé nos papiers. «Vous partez d’ici sinon je vous embarque», enchaîne-il.

Nous continuons sur la rue Lamali qui longe le CHU Nedir Mohamed, avant de voir des fourgons cellulaires pleins de jeunes venus à la marche. La police tentait de disperser tout regroupement dépassant deux personnes. Même les propriétaires de cafétérias et de restaurants au centre-ville ont été sommés de ne pas recevoir de nombreux clients.

Jusque-là, les éléments de la police ont réussi à empêcher toute manifestation de terrain en se déployant en grand nombre sur tout l’itinéraire habituel de la marche. Toutefois, vers 13h, des masses de gens commençaient à affluer vers la ville de Tizi Ouzou, arrivés, pour la plupart, des localités environnantes. Les policiers ont vainement tenté de réprimer l’action.

Le cordon des services de sécurité mis en place sur le premier rond-point a été brisé par une foule immense de manifestants qui scandaient, haut et fort, «Pouvoir assassin» et «Klitou Leblad Ya serakine» (Voleurs, vous avez pillé le pays). Ils ont aussi brandi des pancartes sur lesquelles on pouvait lire les principaux mots d’ordre du mouvement populaire comme «Pour un Etat de droit», «Pour le départ du système», «Pour une Algérie meilleure et pour une démocratie majeure».

La libération des détenus du hirak qui croupissent encore en prison est également réitérée par les manifestants, qui ont continué leur marche jusqu’au mémorial des martyrs de la Révolution.

«Nous n’allons pas cesser de manifester jusqu’à la satisfaction des revendications du hirak, et ce, par l’instauration de l’indépendance de la justice, la libération de tous les détenus du mouvement populaire ainsi que le changement radical du système», a martelé un marcheur au cœur d’une foule qui marque incontestablement le retour remarquable des actions de terrain après une trêve imposée par la crise sanitaire.
  


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