A 32 ans, Liasmine Fodil a toujours été une passionnée de photographies. Où qu’elle aille, son appareil photo ne la quitte jamais. Aujourd’hui, elle met au service des autres tout ce qu’elle a acquis en expérience en organisant des ateliers en photographie, que ce soit en ligne ou en présentiel.
Un concept intitulé «La Planque».

J’ai lancé un concept qui s’appelle ‘‘La Planque’’. L’idée est de faire rassembler les amoureux de la photo, surtout ceux qui débutent, mais aussi cela me permet de partager mon savoir avec eux.

Généralement, c’est un moment d’évasion comme quand on va dans sa cachette pour ceux qui viennent aux ateliers, mais aussi pour moi. La photographie est aussi un refuge pour beaucoup de monde, d’où le nom de La Planque», nous explique l’artiste. En effet, le concept «La Planque» est une méthode de formation différente de ce qu’on a l’habitude de voir ou de faire. A savoir, la méthodologie d’apprentissage est très modulable et flexible. Les ateliers n’ont donc pas de date fixe ni de lieu fixe, car ils se déroulent en ligne ou en présentiel.

Cependant, elle favorise les espaces de «coworking» et les lieux d’activités culturelles afin de retrouver les personnes qui suivent ses ateliers. Les lieux où nous pouvons retrouver l’artiste photographe sont notamment l’espace Coworkart à Tizi Ouzou et Orbitcowork à Alger-centre.

D’ailleurs, pour le premier trimestre de 2021, Liasmine Fodil a élaboré quatre nouveaux ateliers qui pour chacun dure trois mois. Il s’agit du module portrait et autoportrait à la lumière naturelle, module comment régler son appareil photo, module la lumière en photographie et le dernier qui est une initiation à la composition, autrement dit pour apprendre à faire une composition en photo. Si beaucoup se demandent la différence entre ce que propose Liasmine et ce qu’on pourrait trouver comme formations ailleurs, l’artiste répond : «C’est que je suis là pour accompagner la personne qui vient se former à surtout se trouver elle-même.

En fait, ce que je veux dire, c’est que je les pousse à se poser les bonnes questions, entre autres si tu aimes la photo que tu as prise et pourquoi ? Si tu n’aimes pas, pourquoi aussi ? Je les oriente à trouver leur propre sensibilité, car je suis passée par là et j’ai trouvé que c’était ça qui me manquait pendant toutes ses années où j’étais amateur. Le fait que je puisse juger par moi-même ce qui est bon de ce qui ne l’est pas.» Avec le confinement, Liasmine a dû s’adapter, et donc passer aux ateliers en ligne. Une méthode qui à sa grande surprise a relativement bien marché. L’artiste redoutait que les participants ne puissent pas correctement assimiler étant donné qu’elle n’était pas à côté pour la manipulation des appareils photo.

De plus, Liasmine propose des ateliers pour les enfants. Des formations qui n’existaient pas forcément pour les jeunes passionnés de photographie et qui leur permettraient d’apprendre ne serait-ce que cadrer l’image. Des notions qui permettent, par ailleurs, de ne pas couper les pieds ou la tête d’une image, mais aussi comment mettre un sujet dans l’image tout en évitant les choses autour qui sont inutiles. Il y a également une dernière notion à laquelle l’artiste tient beaucoup, c’est d’expliquer l’image. Une interprétation qui permettrait de savoir si l’image dit la vérité, de connaître si elle est subjective ou objective. Ce sont des notions qui sont importantes pour Liasmine Fodil.

Chronique photo à la radio de Tizi Ouzou

Par ailleurs, Liasmine Fodil participe depuis maintenant trois mois à une émission en collaboration avec Yacine Houassine, animateur de la matinée à la radio régionale de Tizi Ouzou (Radio TO) pour la préparation de chroniques photo. L’émission se nomme «Ecoute pour voir», elle est diffusée tous les matins du dimanche au mercredi et ne dure que cinq minutes. L’émission consiste au choix d’une seule et unique photo. Elle peut être une photo qui a marqué l’histoire, une photo célèbre ou qui a eu un impact sur le monde. Les deux collaborateurs décrivent ce qu’elle représente, en ne manquant pas de mettre en lumière la biographie du photographe afin de comprendre son vécu, mais aussi le contexte où la photo a été prise, car la compréhension de l’image peut totalement changer. De plus, une interview avec un artiste photographe est donnée par la suite. L’idée est de mettre en évidence les photographes de la région d’abord, puis ceux d’autres wilayas. Une première en Algérie.

Une passion en construction

Dès le collège, Liasmine Fodil a toujours su qu’elle ferait de la photographie. Mais elle a d’abord préféré terminer ses études à l’université de Tizi Ouzou dans les sciences commerciales. Toutefois, cela ne l’a pas empêchée de continuer à développer sa passion pour la photographie.

A savoir, elle a fait une première formation à la maison de la Culture à Tizi Ouzou. Mais aussi d’autres, notamment celle au Studio 21 Tizi Ouzou) où elle avait acquis davantage de techniques. Cependant, ce n’est qu’en 2015 que sa carrière a pris une autre tournure, particulièrement lorsqu’elle avait rencontré le photographe Bruno. Ce dernier l’a poussée à se poser les vraies questions telles que pourquoi faire de la photographie ? Qui sommes-nous en tant que photographes ? Quel est le message à transmettre à travers cette photo ?

Et depuis, la photo a pris de plus en plus d’ampleur dans la vie de Liasmine. Elle a même quitté son travail en tant que manager dans une entreprise afin de se consacrer pleinement à sa passion. Détentrice d’une carte d’artisan depuis maintenant deux ans, elle essaye de structurer sa petite entreprise dans une situation plus qu’anodine, celle de la crise sanitaire de Covid-19. En ce qui concerne sa technique, elle est toujours en construction. Liasmine se cherche encore, et essaye de ne pas se mettre de limites.

Elle a expérimenté le flou artistique, le noir et le blanc et la couleur. Mais pour le moment, la seule écriture photographique qui revient, c’est de jouer avec les lumières, notamment le clair-obscur. Dans ses photos, il y a des fragments, des détails, et tout ce qui l’interpelle pour raconter une histoire ou servir un discours bien déterminé. «Quand j’ai enfin compris l’intérêt de la discipline, mais surtout ce qu’elle m’a apporté, c’est le jour où j’ai compris qu’il fallait mettre un bout de mon âme.

C’est à ce moment-là que j’ai commencé à montrer les choses comme moi je les voyais vraiment», ajoute-t-elle. Sa devise, «c’est de rester soi-même et de toujours être généreux», c’est d’ailleurs ce qui fait d’elle ce qu’elle est aujourd’hui, et surtout ce qu’elle veut transmettre.

En outre, elle a à son actif plusieurs expositions individuelles et collectives, que ce soit en Algérie ou à l’étranger, dont celle faite au MAMA, à Alger, à Mostaganem, à Oran, mais aussi à Paris, à Marseille, en Espagne, en Hollande, ainsi qu’à Manchester en Angleterre.


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