Le Parti des travailleurs face à la tentative de «coup d’État»

La secrétaire générale du Parti des travailleurs, Louisa Hanoune, qui affronte actuellement une tentative de «coup d’Etat», a insisté hier, lors d’une conférence de presse animée au siège de son parti, sur l’illégitimité des personnes à l’origine de cette action.

Elle estime que les intérêts personnels et les privilèges des députés sont le moteur de cette tentative et que si le ministère de l’Intérieur venait à valider cette opération, il confirmerait qu’il s’agit bien d’une vengeance contre le parti, sa direction et Louisa Hanoune elle-même. En gros, c’est une affaire dans laquelle se mêleraient tout à la fois trahison, opportunisme politique et vengeance, et dans laquelle l’administration et la justice sont impliquées.

Le fait est que le Parti des travailleurs veille au respect des procédures légales. En décembre 2018, la secrétaire générale du PT a été réélue par le comité central au cours d’un congrès. Et toutes les listes – y compris celles des membres exclus du parti – ont été validées par le ministère de l’Intérieur.

Cette couverture légale n’a, a priori, pas été prise en compte par le mouvement de redressement du PT. Le document qui ressort de cette rencontre de samedi à l’hôtel Mazafran – qui a réuni entre 60 et 100 personnes, selon Mme Hanoune – ne respecte pas la procédure et les conditions légales ne sont pas réunies. Louisa Hanoune s’interroge notamment sur la présence d’un huissier de justice – en l’absence de conditions légales.

De nombreuses autres questions la taraudent aujourd’hui : «Qui a donné le feu vert politique ?» «La crise du système a-t-elle atteint le point du surgissement des forces centrifuges, qui de l’intérieur des institutions de l’Etat organisent des provocations dangereuses, comme cela s’est passé en Octobre 1988, en 1991 ou encore en 2001 en Kabylie ?» «Qui a intérêt à détruite les digues, à savoir les cadres syndicaux, associatifs, capables d’empêcher le pire ?» «Qui a intérêt à disloquer l’Algérie ?»

Il est à souligner que le Parti des travailleurs n’en est pas à sa première tentative de déstabilisation. Entre 2015 et 2016, il avait fait l’objet de tentatives de création d’un mouvement de redressement, dont la secrétaire générale du parti y avait vu la main du pouvoir.

Elle impute ces attaques aux positions du parti et ses critiques permanentes contre les «oligarques», dont la majorité est en prison aujourd’hui pour des affaires de corruption. Elle fait notamment état d’une tentative de kidnapping sur la route de Zéralda à la même période. Lorsqu’elle a été incarcérée à la prison de Koléa, quelques membres du parti ont tenté un nouveau un «coup d’Etat» contre les dirigeants du parti.

Trahison

Les fomenteurs des deux actions de redressement ont aussitôt été radiés du Parti des travailleurs. «La liste des exclus a été transmise au ministère de l’Intérieur. Elle n’a pas été rejetée», précise Mme Hanoune. Elle ajoute même que deux membres (des dissidents réunis avant-hier, Smain Kouadria et Rachid Khan) avaient voté pour l’exclusion de ces ex-militants en 2016 et en 2019. Quant à Mounir Nasri qui, rappelle-t-on, a été désigné «secrétaire général par intérim» lors de la réunion de Mazafran, et qui prétend, à en croire Louisa Hanoune, qu’il s’appuie sur l’armée ainsi que sur les fils du défunt Gaïd Salah, avait démissionné de l’APN avant d’y revenir, ayant besoin de l’immunité parlementaire.

Parmi les autres «putschistes» figurent, notamment, Smain Kouadria, qui n’en est pas à son premier coup d’essai et qui a déclaré avoir démissionné pour des raisons personnelles, Rachid Khan, qui a démissionné en septembre 2020 pour les mêmes raisons, et dont Louisa Hanoune a vécu la trahison comme «un poignard dans le dos», ainsi qu’une autre militante, membre de la commission centrale et qui a voté pour le boycott des législatives.

«Celle-ci, dit Louisa Hanoune, nous avait d’ailleurs alerté sur le fait que les exclus du parti envisageaient de tenir une réunion, soulignant qu’elle n’y participerait pas.» «Tous les autres n’ont aucun lien organique avec le parti. Nous avons vu les photos et nous pouvons dire que la majorité absolue des participants n’ont jamais adhéré au Parti des travailleurs. Le reste est constitué d’anciens membres ayant été exclus du parti pour différentes raisons», dit-elle.

Opportunisme politique

La secrétaire générale du Parti des travailleurs voit dans le cas de certains ex-membres, passés aujourd’hui dans la contestation, le dépit qu’ils auraient ressenti lorsqu’ils n’ont pas été élus aux législatives de 2017. Les «intérêts personnels» seraient ainsi, selon elle, l’un des moteurs de la tentative de déstabilisation. «La dégradation sociale et les privilèges des députés représentent un danger pour le multipartisme et la démocratie», affirme Louisa Hanoune.

Parmi ceux que Mme Hanoune appelle «des usurpateurs» et des «falsificateurs», il en est, d’après elle, qui n’auraient pas été acceptés par d’autres formations politiques. Et de souligner sur un ton badin : «A ce rythme, n’importe quel Algérien peut ‘‘louer’’ 100 personnes, les mettre dans une salle et désigner un nouveau président.» 


Post Views:
3




Source link