L’écrivain Mouloud Féraoun était un être hybride, une élite indigène de l’Algérie coloniale qui portait ses contradictions comme une richesse en même temps qu’une blessure. Il n’est pas du tout certain que s’il avait survécu à la guerre, il aurait été bien accueilli par le régime de l’Algérie indépendante, qui a choisi une idéologie d’exclusion depuis 1962, appuyée sur un récit national qui refuse toute idée de complexité. Nous avons même de bonnes raisons de penser qu’un Mouloud Féraoun sous le régime du FLN de l’Algérie indépendante,  aurait été isolé et injustement discrédité aux yeux de l’opinion publique algérienne comme tant d’autres élites qui ont connu la fin de la colonisation et qui étaient, de par ce qu’elles représentaient profondément,  dangereuses pour l’idéologie choisie par le FLN à l’indépendance.

Le 15 mars 1962 était assassiné Mouloud Féraoun, écrivain « indigène musulman d’Algérie », selon la terminologie de l’époque, né en Kabylie le  8 mars 1913, dans le village de Tizi Hibel (commune d’Aït Mahmoud aujourd’hui, daïra de Béni-Douala et willaya de Tizi-Ouzou) où il repose désormais pour l’éternité, et quelques jours seulement avant l’annonce du cessez-le-feu et de la fin de la guerre d’Algérie.

  Cette tragique disparition et le contexte où elle a eu lieu, disent que Féraoun fut un homme, un écrivain, un intellectuel, un instituteur, un éducateur, un humaniste, profondément plongé dans ses racines mais ouvert à l’autre, portant au fond de lui-même toutes les facettes d’un parcours de vie exemplaire, construit par une succession d’étapes déterminantes, dans une Algérie soumise à une implacable domination coloniale. 

Féraoun portait à la fois la blessure des dominés, en tant qu’« indigène musulman », mais aussi une foi en la fraternité (une des devises de la République française) qui était pour lui possible, avec des européens d’Algérie notamment, qui n’acceptaient pas l’oppression coloniale et qui œuvraient à un bien général auquel il croyait profondément. 

Car Féraoun n’est pas mort seul.  Ils étaient en tout six : Marcel BASSET, Robert EYMARD, Mouloud FERAOUN, Ali HAMMOUTENE, Max MARCHAND et Salah OULD AOUDIA. Tous inspecteurs de l’éducation nationale, réunis le 15 mars 1962, trois jours avant la signature des accords d’Evian, à Château-Royal dans le quartier d’El Biar, à Alger. 

Ils dirigeaient des centres sociaux lancés en 1955 par l’ethnologue et résistante Germaine Tillion (qui alla jusqu’à négocier avec le FLN et Yacef Saàdi en 1957 à Alger pour arrêter l’effusion de sang pendant la bataille d’Alger) ; centres sociaux où l’on crut jusqu’au bout à l’alphabétisation et à la formation professionnelle des jeunes et des adultes pour apprendre, enfin, à « vivre ensemble un peu moins mal » comme l’écrivait elle-même Germaine Tillion.

Un commando Delta de tueurs de l’OAS, dirigé par l’ex-lieutenant Degueldre (déserteur avant le putsch du 21 avril 1961) les déchiqueta à l’arme automatique, ce jour-là, dos au mur, « pour qu’un dernier espoir s’éteigne » selon les mots de l’historien Jean-Pierre Rioux.

Au cours de la nuit qui suivit cet assassinat, Germaine Tillion, écrit, dans un texte intitulé « La bêtise qui froidement assassine », paru dans Le Monde du 18 mars 1962 :

« Mouloud Feraoun était un écrivain […], un homme fier et modeste à la fois, mais quand je pense à lui, le premier mot qui me vient aux lèvres c’est le mot : bonté…C’était un vieil ami qui ne passait jamais à Paris sans venir me voir. J’aimais sa conversation passionnante, pleine d’humour, d’images, toujours au plus près du réel – mais à l’intérieur de chaque événement décrit il y avait toujours comme une petite lampe qui brillait tout doucement : son amour de la vie, des êtres, son refus de croire à la totale méchanceté des hommes et du destin. Certes, il souffrait plus que quiconque de cette guerre fratricide, certes, il était inquiet pour ses six enfants – mais, dans les jours les plus noirs, il continuait à espérer que le bon sens serait finalement plus fort que la bêtise. »

Max Marchand, était un oranais d’adoption et docteur ès lettres ; Marcel Basset,  venait du Pas-de-Calais ; Robert Eymard, était originaire de la Drôme ; Salah Ould Aoudia était un catholique pratiquant Ali Hammoutène un musulman. Ils étaient animés par une passion commune : sauver l’enfance algérienne – car c’était leur objectif, celui des Centres Sociaux : permettre à un pays dans son ensemble, et grâce à sa jeunesse, de rattraper les retards techniques appelés « sous-développement ». Dans un langage plus simple cela veut dire : vivre.

Ces hommes représentaient tout ce qu’exécraient les terroristes de l’OAS, qui défendaient, contre toute logique, contre toute humanité et en totale contradiction avec les valeurs de la République héritées de la révolution de 1789, une Algérie française où s’installa durablement l’injustice, la violence et le crime, au nom d’un système colonial inique  qui dominait, exploitait réduisait à la misère la minorité indigène, notamment musulmane.

Fouroulou ou les origines 

Mouloud Féraoun , c’est aussi et avant tout Menrad Fouroulou (qui est son anagramme), « le fils du pauvre » du roman d’inspiration autobiographique publié à compte d’auteur (Cahiers du nouvel humanisme, Le Puy sous le titre exact : Le Fils du pauvre. Menrad, institueur kabyle) en 1950 et qui reçut le Grand prix de la ville d’Alger.   Il y raconte son enfance et sa Kabylie natale. De son point de vue, il s’agit de la réparation d’un injustice, celle d’une Kabylie qui n’était jamais jusque-là racontée de l’intérieur, mais décrite de l’extérieur, soumise au point de vue colonial.

Même les importants articles publiés en 1939 par Camus  dans « Alger Républicain », (articles éminemment importants dans un journal de gauche qui a intégré des journalistes « indigènes »), qui dénonçaient la misère de la Kabylie,  ne l’ont pas totalement satisfait. Ils auraient même déclenché chez lui le désir de parler, à travers ce premier roman, au nom de cette Kabylie d’où il est originaire, réduite au silence par la colonisation.

C’est lui le premier écrivain de la génération des années 1950, avant Mouloud Mammeri et Mohamed Dib qui publièrent chacun un premier roman en 1952. C’est lui qui dira le premier, en langue française,  la société indigène dont il est issu. C’est lui qui rendra la parole, en français, aux siens,  à son peuple. C’est Mouloud Féraoun qui est à l’origine de cette révolution symbolique de l’appropriation de la parole dans la logique de ce que dira plus tard Kateb Yacine : « J’écris en français pour dire aux français que je ne suis pas français ».

Une parole confisquée au moins depuis 1830. Une révolution intellectuelle, culturelle et littéraire, qui précédera de quatre années celle qui se fera inexorablement par les armes.

Féraoun l’instituteur indigène (nommé d’abord dans son village natal en 1935) avec un statut de colonisé dont les limites et les contours sont délimités, formé par une école de Jules Ferry qui s’est adaptée au système colonial, qui discrimine jusqu’en 1949 les indigènes musulmans comme lui ; Mouloud Féraoun ose raconter son village, sa famille, son enfance, sa réussite scolaire, en langue française. Il raconte ses parents,  les femmes du village, la nécessité de la réussite scolaire et aussi la misère.

Tout cela dans un langage très simple, avec le doute de celui qui ne sait pas si ce qu’il écrit sera publié. Mais il ose et il le fait. Peu importe si c’est encore une forme de « littérature ethnographique » dont il se séparera progressivement.  Il publie à compte d’auteur en 1950 et rencontre le succès et la reconnaissance ; puis  aux éditions du Seuil en 1954, grâce notamment à son ami, son frère, Emmanuel Roblès, auquel il n’avait pas osé montrer son manuscrit avant cette première publication.

Ce premier roman, qui n’est encore une fois qu’une première étape de l’œuvre de Féraoun, est un tournant majeur. Une audace intellectuelle et une cohérence qui le suivra jusqu’à la fin. Féraoun est le pionnier d’une littérature « indigène », en réalité « algérienne » de langue française, puisqu’elle préfigure, encore une fois, une libération inéluctable désormais des colonisés d’Algérie. Une littérature nouvelle pour cette époque, la littérature algérienne d’expression française,  riche, connue et reconnue aujourd’hui,  traduite largement à travers le monde.

Féraoun publiera plus tard « La terre et le sang » (Seuil, 1953) qui reçoit le Prix populiste ; « Jours de Kabylie » en 1954 aux éditions du Braconnier à Alger et « Les chemins sui montent » (Seuil, 1957), son « chef d’œuvre » selon Emmanuel Roblès qui pointe « l’exotisme » quelque peu exacerbé des premiers romans.

C’est en 1957, après avoir dirigé dès 1952 une école élémentaire à Fort-National (aujourd’hui Larbaâ Nath Irathen), qu’il est muté à Alger pour diriger l’école du Nador et c’est ainsi qu’il rejoindra un peu plus tard les centres sociaux. Il est un « ami critique » de Camus auquel il reprochera dans une lettre en 1951, l’absence de personnages « indigènes » dans « La Peste » : «[…] j’ai lu la Peste et j’ai eu l’impression d’avoir compris votre livre comme je n’en avais jamais compris d’autres ; J’avais regretté que parmi tous ces personnages il n’y eût aucun indigène et qu’Oran ne fût à vos yeux qu’une banale préfecture française. » tout en affirmant, après sa mort,  qu’il est, pour les « indigènes » musulmans , une « gloire algérienne ».

Le journal (1955-1962) qui a paru à titre posthume à l’automne 1962 et aux éditions du Seuil, est une œuvre majeure, une œuvre de maturité aussi, qui met au goût du jour la pensée profonde de Mouloud Féraoun. Ecrit sur des cahiers d’écoliers afin de mieux les dissimuler à l’armée française alors que la guerre faisait rage, ils révèlent une personnalité, un intellectuel, beaucoup moins consensuel que sa courtoisie et son amabilité naturelle pouvaient faire transparaître.

La tentation de l’enfermement et de la récupération

Mouloud Féraoun, c’est une complexité affirmée qui ne saurait donc  être enfermée dans une seule dimension ; c’est une vie et une œuvre qui ne peuvent s’intégrer dans des récits préfabriqués,  linéaires et uniformes, qui véhiculent des idéologies néfastes, dangereuses.

Ainsi, l’accueil enthousiaste de son premier roman par la presse algéroise en 1950, est à coup sûr empreint consciemment ou inconsciemment d’une tentative de récupération des défenseurs du système colonial, alors que le nationalisme algérien prenait une ampleur certaine et irréversible. Une manière de trouver d’impossibles arguments à l’idée d’une œuvre coloniale « civilisatrice » , puisque voilà un écrivain indigène qui doit tout à l’école française en Algérie et qui se serait donc affirmé comme écrivain et épanoui grâce à elle.

Ce fut à nouveau le cas pour la « Colline oubliée » de Mouloud Mammeri (1952) qui fit naître à sa publication une polémique interne aux courants nationalistes algériens, mais qui fut salué notamment par les critiques colonialistes. Féraoun montrera plus tard, notamment dans son journal, qui sera publié à titre posthume, un aboutissement d’une pensée profonde qui exprime sans ambiguïté son opposition ferme au système colonial et un soutien affirmé à une Algérie libérée de la colonisation et plurielle.

Quant à l’Algérie indépendante, elle fit d’une lecture largement tronquée de son œuvre, un « classique » étudié dans les écoles, si bien que je fais partie d’une génération qui a lu des extraits du « fils du pauvre » dans les manuels scolaires du niveau collège, mais ce fut en réalité seulement ce qui, dans ce texte, pouvait être récupéré pour le récit national uniforme et exclusif alors en construction.

Les tenants de l’idéologie dominante dont la nocivité n’est plus à démontrer, et qui sévit encore aujourd’hui, les promoteurs d’un roman national sans relief et sans aucune considération de complexité, roman dont la source est ce qui est appelé à juste titre « la révolution algérienne », ont fait mine d’oublier le scepticisme de Mouloud Féraoun qui s’exprime clairement dans son journal, face à certaines méthodes du FLN,  malgré des convictions claires  et des contacts qu’il aura au plus haut niveau de l’organisation comme l’écrit son biographe José Lenzini.

Les textes de Mouloud  Féraoun qui circulaient dans l’Algérie indépendante étaient manipulés et les passages gênants tout simplement supprimés comme le montre Christiane Chaulet-Achour.

Quelle place donc à la nuance, à la pluralité (y compris, notamment des identités) au milieu d’un champ de ruines, d’une guerre, à partir de 1954 ? Une guerre atroce qui radicalisa les positions à l’extrême et qui somma les uns et les autres de se déterminer sine die ? Quelle place à l’expression d’une pensée humaniste, libre, profonde qui se bat pour refuser les amalgames et les raccourcis pour se déployer pleine et entière ?

Oui Féraoun peut s’être trompé dans son aversion profonde pour la violence au milieu de ce tournant de l’histoire, le débat peut et doit sans doute rester ouvert ; mais ceci ne saurait remettre en cause l’intégrité intellectuelle, la cohérence et l’honnêteté de sa pensée. Une pensée, une œuvre, faut-il le répéter, généralement inconnues de la jeunesse algérienne en 2021.

Des multiples facettes  courageusement assumées

Marqué par la colonisation jusqu’à son nom de famille, comme beaucoup d’Algériens, qui est en réalité Naït Chaabane et qui devint Féraoun en raison d’une imposition par les officiers des affaires indigènes chargés de donner un état civil aux populations kabyles après la guerre de Mokrani et de Cheikh Aheddad en 1871,   Mouloud Féraoun est pour autant un « privilégié » dans un contexte impitoyable pour les siens, essentiellement réduits à la misère et à l’aliénation (« il y avait parmi nous des privilégiés, ou des instituteurs, par exemple. Ils étaient satisfaits, respectés et enviés » écrira-t-il à Camus). C’est tout le paradoxe des élites qui ont émergé malgré tout, sous ce système terrible de domination, et qui ont, in fine, fini par avoir raison de lui.

Un système colonial  embourbé lui-même dans des contradictions, qui leur a permis ainsi une certaine ascension sociale, afin (globalement) de servir ses propres intérêts, dont la promotion du mythe de l’assimilation et de l’apport civilisationnel, même si comme tout système de domination, il  ne va pas dans le sens de l’histoire, si l’on en croit les mots de l’historien Jules Michelet au milieu du dix-neuvième siècle.

Mouloud Féraoun le kabyle est nourri à l’école française, qui transmettait à son corps défendant dans ce contexte particulier, les valeurs de laïcité et de liberté. Féraoun, conscient de l’essentialisation dont il est l’objet, même en tant qu’instituteur et écrivain  reconnu (car il la vivait au quotidien), a gravi des marches permises alors à un jeune issu de son milieu ; il est dans le même temps conscient de devoir a priori cette ascension à ce même système injuste, ou plus exactement aux interstices qui s’y sont dessinées,  et qui sévit depuis si longtemps en Algérie.

Mouloud Féraoun est Kabyle de langue et de culture, mais « indigène musulman », assigné à être « arabe » comme tous les « indigènes musulmans »  (ce qu’il refuse d’emblée), instituteur, transmetteur de la langue et de la culture françaises, écrivain et intellectuel francophone qui puise dans le large registre de la culture française. L’acculturation dont il fut menacé est à la fois un danger et une chance. Elle lui a permis, à travers une succession d’étapes cruciales, de construire une pensée vigilante, humaniste et juste.

C’est un Féraoun libre qui en ressort in fine, rusant avec le pouvoir colonial si nécessaire et notamment avec les militaires, abhorrant la violence, ce qui le mit à distance de certaines méthodes du FLN et qui pose la question de nécessité et donc de la légitimité de ces dernières, mais portant progressivement en lui une opposition viscérale à la colonisation et un soutien total à une indépendance qui permettrait de construire une Algérie libre et plurielle.

La fausse image d’un « indigène musulman » acculturé

Il faut peser là encore nos mots, on ne peut affirmer qu’il y eut un engagement nationaliste chez Féraoun, car, au même titre que Camus en ce sens, il aurait sans doute préféré la possibilité d’une fraternité que l’essence même du système colonial ne permettait absolument pas, ce dont il n’avait probablement pas la conviction. Pour autant, on ne saurait qualifier la littérature de Féraoun de littérature de « complaisance », car son écriture a évolué à coup sûr pour trouver son aboutissement dans les « Chemins qui montent » et dans « Le journal », et il n’y a plus aucun doute sur son opposition avec force à un système colonial, qu’il a su séparer des valeurs universelles de la France.

Il ne saurait donc de ce point de vue pas adosser le rôle de « bonne conscience du système colonial », même s’il fut, pendant la guerre d’Algérie et au regard de sa notoriété, courtisé, entre autres, par les militaires qui l’invitaient à leurs réceptions officielles, alors que son parti pris pour l’indépendance de l’Algérie n’était pas connu, puisque son journal sera publié à titre posthume.

L’image construite de Féraoun, écrit l’historienne Sylvie Thénault, au moment de son décès, est la fausse image de « l’Algérien acculturé, image rassurante de l’instituteur kabyle formé à l’école française, écrivain de langue française[…] »

Enfin, celui qui se sentait à la fois proche de Camus et surtout de Roblès, n’a pas oublié ses origines berbères, lui qui avait sans doute les traits de l’ « Arabe » de « L’Etranger », consacra un livre en 1960 aux éditions de minuit, au grand poète berbère du dix-neuvième siècle Si Mohand Ou Mhand. De plus, celui qui fut un instituteur imprégné de la laïcité transmise par l’école de la République, fut considéré toutefois comme « indigène musulman », lui qui fut logé par la mission (protestante) Rolland après l’obtention d’une bourse d’études pour le collège de Tizi-Ouzou (devenue mission Lembert dans « Le fils du pauvre »).

Originaire de Kabylie et attaché aux siens, ancien élève de l’école normale de Bouzaréah, instituteur, écrivain, intellectuel engagé et humaniste, mais aussi aux yeux du colonisateur « indigène musulman » ou « arabe », nourri aux valeurs de l’école de la République et à la langue française,  ayant réussi à avoir malgré tout le droit de la transmettre et de la porter comme tous les instituteurs indigènes, la vie et l’œuvre de Féraoun allèrent dans le sens du « dépassement » de ces contradictions, selon les  mots de Senghor, afin de toucher avec une rare honnêteté intellectuelle, l’universalité  de la vérité, de la justice et de l’humanisme.

*Hafid Adnani est né en Algérie. Journaliste et cadre supérieur de l’éducation nationale, il est également doctorant en anthropologie au Laboratoire d’Anthropologie sociale du Collège de France.


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