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PRINTEMPS BERBÈRE DE 1980 et de 2001

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PRINTEMPS BERBÈRE DE 1980 et de 2001




  • => <a title="printempsBerbere" name="printempsBerbere"></a>Printemps berbère de 1980
  • => Printemps Noir de 2001

    - Exécutions sommaires et fusillades
    - Tortures et mauvais traitements
    - Expéditions punitives, représailles, pillages et vols
    - Destruction, attaques et occupation des hôpitaux
  • => Rapport de répression sur le printemps noir
  • => Photos








PRINTEMPS BERBÈRE DE 1980


Le Printemps berbère désigne l'ensemble des manifestations réclamant l'officialisation de la langue tamazight et la reconnaissance de l'identité et de la langue berbère en Algérie à partir de mars 1980 en Kabylie et à Alger. Il s'agit du premier mouvement populaire d'opposition aux autorités depuis l'indépendance du pays en 1962. Les berbérophones représentent de un tiers de la population algérienne. Depuis l'indépendance de ce pays, l'arabe succède au français comme langue officielle. La politique linguistique algérienne se traduit par une arabisation massive de l'administration et de l'enseignement. La réflexion sur la situation linguistique est d'abord le fait d'intellectuels expatriés (Taos Amrouche, Mouloud Mammeri et des membres de l'Académie berbère. A l'intérieur du pays, c'est en Kabylie que se trouve la plus importante concentration de berbérophones. L'université de Tizi Ouzou créée en 1977 est un lieu d'échange, y compris sur le plan culturel. Comme ailleurs, l'organisation de débats et de concerts, ainsi que la représentation de pièces en langue berbère sont soumises à autorisation et souvent refusés.


Chronologie des événements

2 mars 1980 : Interview de Mouloud Mammeri au journal "Libération" à propos de son dernier livre édité chez Maspero "Les poèmes kabyles anciens".

10 mars 1980 : Une conférence de Mouloud Mammeri à l'université de Tizi-Ouzou sur la poésie berbère ancienne est interdite par les autorités.

11 mars 1980 : 1500 étudiants sur les 1700 que compte l'université de Tizi-Ouzou manifestent pendant plus de deux heures devant la wilaya, le siège du parti unique, aux cris de "halte à la répression culturelle", "Culture berbère, culture algérienne", "Le berbère est notre langue", "Nous en avons assez de l'injustice". Ils dénoncent durement toute tentative de récupération politique de leur mouvement. Grève de l'université.

12 mars 1980 : Les lycéens de Tizi-Ouzou se mettent en grève pour manifester leur solidarité avec les étudiants.

13 mars 1980 : Apparition d'inscriptions du FFS dans la Kabylie et l'Algérois pour manifester leur solidarité avec les étudiants. "Démocratie, liberté d'expression, langues populaires = langues nationales". Le mouvement s'étend. A Larbâa Nat Yiraten, les enseignes en arabe sont arrachées.
Le commissaire de police bloqué dans sa voiture par les manifestants, doit crier leur slogan: "A nerrez wal' a neknu" (plutôt rompre que plier), vers du poète Si Mohand. La caserne est envahie et les jeunes du contingent fraternisent. Le maire arrive. On lui demande des cars pour réveiller les douars de l'intérieur. Il s'éxcuse de ne pas en avoir sous la main. Le président Chadli qui devait faire une inauguration à Tizi-Ouzou, le 15 mars annule son voyage. Le wali de Tizi-Ouzou, Sidi Saïd, convoque les chefs d'établissements du département. Lors de cette réunion, le directeur de l'institut islamique fait l'apologie du wali précèdent, le traître Kharroubi, qui "pour être Kabyle n'en était pas moins patriote" "pour moi, ajoute le religieux, il faudrait tirer sur la foule".

15 mars 1980 : Constitution d'un comité de défense des droits culturels en Algérie (CDDCA) , domicilié à la revue Esprit 19 rue Jacob, Paris, 75006.

16 mars 1980 : A Alger, 200 étudiants défilent rue Larbi Ben M'hidi pour la culture berbère et la "langue berbère, langue nationale". Ils sont violemment dispersés aux abords de la Grande Poste. Une quarantaine d'arrestations sont opérées, dont 5 ont été maintenues.

18 mars 1980 : Visite du wali à Azazga. La population exprime son mécontentement d'une manière violente et le wali a dû s'enfuir. Les écoliers et les lycéens envahissent la rue et s'attaquent à la gendarmerie. Le siège du FLN est saccagé. A Aïn El Hammam (ex-Michelet) les ouvriers manifestent dans la rue leur soutien au mouvement des étudiants et des lycéens. A Drâa El Mizan, les lycéens manifestent. La police fait 70 arrestations. Cent vingt lycéens sont arrêtés après une manifestation dans une autre localité. Des troupes supplémentaires sont amenées dans toutes les casernes des Kabylie.

20 mars 1980 : Pour la première fois la presse algérienne parle en termes sybillins des manifestations de Tizi-Ouzou dans un article d'El Moudjahid, intitulé "les donneurs de leçons" signé K. B.

20-26 mars 1980 : Les pétitions de protestation affluent chez les autorités.

26 mars 1980 : Nouvelle manifestation à Tizi-Ouzou des près d'un millier d'étudiants. La police n'intervient pas.

30 mars 1980 : Récital d'Aït-Menguellet à la porte de Pantin. Le comité de défense des droits culturels appelle à un rassemblement silencieux devant l'ambassade d'Algérie en France.

6 avril 1980 : Assemblée générale des étudiants à Ihesnawen (Tizi-Ouzou) décidant l'occupation de la salle de reprographie de l'université et appelle à une manifestation pour le 7 avril à Alger.

7 avril 1980 : 10 h du matin. Alger, place du 1er Mai, cinq cents manifestants dont des étudiants et des enseignants se regroupent en milieu de matinée pour réclamer le droit à l'existence pour la culture berbère. Leurs banderoles sont "culture populaire", "liberté d'expression", "le berbère n'est-il pas une langue algérienne?", "démocratie culturelle". La police intervient dès le départ du cortège qui entonne alors le chant des maquisards "Min djibalina" (de nos montagnes s'est élevée la voix de la liberté). La police réprime sauvagement les manifestants. Près de 200 sont embarqués dans les fourgons à coups de matraque. Parmi les manifestants, on dénombre plusieurs blessés et cinq personnes sont dans le coma. Un manifestant est mort sous les coups de matraque. Une grève est votée à l'université d'Alger. L'université de Tizi-Ouzou est en grève et occupée par les étudiants.
- 11 h 30 : Meeting à la faculté centrale d'Alger pour décider d'autres marches sur le commissariat central pour protester contre la répression.
- 15:00 : Rassemblement silencieux devant l'ambassade d'Algérie en France à l'appui du CDDA regroupant un millier de personnes. Une motion devait être remise à l'ambassade. L'ambassadeur a refusé de recevoir la délégation les traitant de non Algériens. Une lettre ouverte au président Chadli a été lancée pour recueillir des signatures.
- dans la soirée : Assemblée générale des étudiants décidant une grève générale illimitée avec occupation des locaux de l'université.

8 avril 1980 : A Alger, plus d'un millier d'étudiants manifestent aux cris de "A bas la répression", "police assassin", "libérez les détenus", "culture populaire algérienne". Ils entonnent aussi des chants patriotiques. Ils sont énergiquement refoulés par la police dans l'enceinte universitaire. La manifestation se prolonge pendant plus de deux heures. La plupart des interpellés sont libérés.
En Kabylie, plusieurs milliers de paysans de Aïn El Hammam et Larbâa Nat Yiraten marchent sur Tizi-Ouzou. L'armée bloque les routes et leur fait rebrousser chemin. La plupart des interpellés de la veille ont étés libérés. Les étudiants de Boumerdès se mettent en grève. Motion de soutien des étudiants et travailleurs de la Fac centrale aux étudiants de Tizi-Ouzou. Mise en place d'un bureau de coordination pour Alger.

9 avril 1980 : Le mouvement s'étend en Kabylie. Les manifestations de jeunes revendiquant le droit à l'existence pour la culture berbère se multiplient aux Ouadhias, Aït-Yanni, Djemâa-Saaridj, Dellys, Bordj Menaïel, Sidi Aïch, etc. A Sidi Aïch, 9 avril, un concert donné par le chanteur Ferhat (groupe Imazighen Imula) est interdit. Le chanteur est interpellé par la police.

10 avril 1980 : Contre-manifestation organisée par le parti FLN à Tizi-Ouzou.


9-15 avril 1980 : Constitution de comités de vigilance et de soutien aux étudiants en grève dans tous les villages de Kabylie.

11 avril 1980 : Réponse de Mouloud Mammeri à El Moudjahid à propos des "donneurs de leçons" refusée par ce même journal, reprise par le journal Le Matin. Ronéotypé et distribué par les étudiants à la population en Algérie et en France.

13 avril 1980 : Une délégation d'enseignants de Tizi-Ouzou a été reçue par le ministre de l'enseignement supérieur. Les élèves du lycée Amirouche de Tizi-Ouzou se mettent en grève et occupent l'établissement. Les travailleurs de l'hôpital envoient une motion de soutien aux étudiants grévistes et une lettre au président Chadli demandant l'arrêt de la répression. Un tract attribué au FFS appelle à une grève générale pour le 16 avril.

15 avril 1980 : Le CDDCA à Paris appelle à une marche pacifique pour le 26 avril devant l'ambassade d'Algérie et le 1er mai à la rue des filles du clavaire à la Bastille. Occupation de l'hôpital de Tizi-Ouzou.

16 avril 1980 : Grève générale totale en Kabylie. Le chanteur Ferhat du groupe Imazighen Imula est enlevé à Dar El Beida à 14 h 30. Le ministère de l'Enseignement supérieur lance un ultimatum aux étudiants de Tizi-Ouzou pour reprendre les cours le 19 avril. Le soir, réunion conjointe entre travailleurs de la Sonelec, Sonelgaz, hôpital, étudiants, enseignants, lycéens, Sonitex, et Casoral condamnant la répression et mettant sur pied un comité populaire de coordination.

18 avril 1980 : Rassemblement devant l'ambassade d'Algérie à Ottawa et marche symbolique devant le parlement canadien.

20 avril 1980 : 1 h du matin. L'opération Mizrana est déclenchée. Les forces de répression envahissent tous les lieux occupés (université, hôpital, usines). Les étudiants surpris dans leur sommeil sont assommées dans leur lit. Les chiens sont lâchés sur les fuyards. Des étudiants sautent des étages de la cité universitaire en slip. Des professeurs sont arrêtées à leur domicile. Tout le personnel de l'hôpital, médecins et infirmiers, est arrêté et remplacé par des médecins militaires. Des rumeurs font état de 32 morts et plusieurs centaines de blessés. Une grève générale spontanée a été déclenchée par la population de Tizi-Ouzou, plus aucune enseigne en arabe ne subsiste, ni plaque de rues.
La Kabylie était coupée du monde. Interdiction d'accès à tout le monde et aux journalistes en particulier.

21 avril 1980 : Condamnation des 21 d'El-Kseur. Des barricades commencent à s'édifier dans la haute ville et à la gare. Les forces de répression circulent baïonnette au canon. Les nouvelles galeries sont pillées (par provocation?). Le centre artisanal saccagé, ainsi que la gare routière et la villa de Kharroubi. La population des villages environnants marche sur la ville pour protester contre la répression et les morts.

22 avril 1980 : Trois journées de grève générale. Des barricades continuent à s'édifier dans la haute ville. Des manifestants parcourent la ville avec des banderoles pour la libération des détenus et l'arrêt de la répression, d'autres proclamant "Imazighen" sont déployées. Les CNS chargent les manifestants dans le dos. De durs combats ont lieu partout dans la ville. Les montagnards redescendent dans la ville et dressent des barricades. Pillage du bureau de l'APS, la SAA, la maison de l'artisanat, le siège du parti, l'hôtel le Balloua, le cinéma Mondial. Grève de solidarité déclenchée à l'hôpital Mustapha (Alger) par le personnel soignant.

23 avril 1980 : 4 ème journée de la grève générale. Des arrestations massives ont lieu partout. Des manifestants venant de Tigzirt-sur-mer affrontent les forces de répression à l'entrée de la ville. De violents affrontements ont lieu également à Draâ Ben Khedda.

24 avril 1980 : Retour au "calme" progressif, les magasins d'alimentation rouvrent dans l'après-midi. Des affrontements très violents ont lieu entre manifestants (des Ouadhias, de Larbaâ et de Aîn El Hamam) et les forces de répression. Les nouvelles galeries croulent sous l'abondance des marchandises.

25 avril 1980 : La ville est quadrillée par les forces de répression. La RTA filme les endroits saccagés. 17 h, l'ambassadeur d'Algérie est reçu au quai d'Orsay. 17 h 50 le préfet de police signifie au comité de défense des droits culturels en Algérie, l'interdiction de la marche prévue pour le lendemain.

26 avril 1980 : Malgré l'interdiction de la manifestation par le préfet, et pour le "risque de troubles de l'ordre public" le contre-ordre est lancé par le CDDCA par voie de presse et audiovisuelle, près de 500 personnes sont venues. 400 personnes ont été interpellées par la police et conduites à Vincennes où elle furent fouillées, photographiées et fichées. L'Amicale des Algériens avait "délégué" 200 provocateurs emmenés à Paris par cars et payés à la journée.

29 avril 1980 : le préfet de Paris interdit la manifestation silencieuse du CDDCA prévue pour le 1er mai pour "risque de trouble de l'ordre public.

10 mai 1980 : Gala de Matoub Lounès à l'Olympia. Une minute de silence fut observée en signe de solidarité avec le mouvement populaire en Algérie.

12 mai 1980 : Grève à la Fac d'Alger.

16 mai 1980 : Une liste de 24 détenus est publiée par El Moudjahid et annonce leur traduction devant la cour de sûreté de l'Etat siégeant à Médéa.

18 mai 1980 : Grève générale à Tizi-Ouzou suivie massivement par la population à l'exception des Nouvelles Galeries Algériennes.

19 mai 1980 : Manifestation de protestation contre la répression à Alger.

24 mai 1980 : Assemblée générale à la Fac centrale d'Alger agressée par les agents du pouvoir.

25 mai 1980 : Le CDDCA publie la "lettre ouverte à Chadli" qui a recueilli 3522 signatures.

3 juin 1980 : Publication de la pétition du Comité international de soutien aux victimes de la répression en Algérie. Mise sur pied par le CDDCA et qui a recueilli 140 signatures de personnalités universitaires et artistiques.

21 juin 1980 : 14 h. Meeting de soutien aux détenus en Algérie, tenu à la Bourse du travail à Paris organisé par le CDDCA et le comité international contre la répression sur les mots d'ordre suivants : -Halte à la répression.
- Libération inconditionnelle et immédiate de tous les détenus.
- Langues populaires (arabe algérien et berbère) comme langues nationales.
Ont été invités à participer au meeting toutes les organisations et personnalités algériennes et françaises. Ont participé celles qui ont souscrit à ces principes.
- Le CDDCA, l'ASEP, UNEF, LCR, FEN, FO, OCI, FFS, ligues internationales des droits de l'homme. Quant à Djamel Allam et le groupe Djurdjura ils ont refusé de répondre à l'appel du CDDCA, Ferhat et Aït Menguelet ont été retenus en Algérie.

25 juin 1980 : Journée de soutien aux détenus organisée à Tizi-Ouzou.
20 h. L'APS annonce la mise en liberté provisoire des 24 détenus de Berrouaghia pour le lendemain.

26 juin 1980 : Une délégation avec plusieurs voitures part de Tizi-Ouzou pour chercher les détenus qui sont accueillis par Tizi-Ouzou en fête

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PRINTEMPS NOIR DE KABYLIE EN 2001


Exécutions sommaires et fusillades

Le 25 avril 2001 à 10h00 du matin, les lycéens et les collégiens de Ouzellaguen (Béjaïa) organisaient une marche pacifique pour dénoncer l'assassinat du jeune Guermah et l'arrestation des collégiens de Amizour (Béjaïa), 5 personnes ont été tuées par balle, alors qu'elles fuyaient les assauts des gendarmes.
Kamel Makhmoukhen, 19 ans, première victime du Printemps Noir, a reçu deux balles dans le dos alors qu'il tentait de s'abriter, fuyant l'assaut des gendarmes de la brigade de Ouzellaguen. À quelques kilomètres de là, le jeune Boukhedad, âgé de 15 ans, a subi le même sort : il est exécuté, le 25 avril 2001, de trois balles dans le dos par le chef de brigade, Issam, de la gendarmerie de Seddouk.

Trois jours après, du côté de Draâ El Mizan, dans le village de Aït Yahia, Chaibet Hocine, 16 ans, a été exécuté, lors d'une fusillade, par des gardes communaux. M. Djebbouri Mohamed, maire de cette localité, racontait alors que "les membres de la garde communale de Draâ El Mizan, qui sont Yazid Rabah, Saâdoui Mohand Amokrane, Herda Rabah et Tobal Ramdani ont reçu l'ordre de leur responsable d'ouvrir le feu sur la population et ces derniers n'ont jamais été inquiétés ni par la justice ni par les autorités".

A quelques kilomètres de là, à Larbaâ Nath Irathen (Tizi-Ouzou), 5 manifestants ont été exécutés par des snipers, tirant de la terrasse de la brigade de gendarmerie. Les témoignages15 recueillis sur place sont éloquents : Mouloud Belkacem, âgé de 30 ans, a été victime d'un sniper alors qu'il essayait de porter secours à un blessé, Arezki Hammache, 31 ans, lui aussi victime d'un tir de sniper. Ils ont été, ensuite, exécutés arbitrairement par des gendarmes d'une balle dans la nuque et dans le dos.

Souvent, les personnes tuées se trouvaient à des dizaines de mètres des lieux d'affrontements, pourchassées en dehors de la ville, loin des brigades de gendarmerie, des commissariats de Police et des édifices publics. Ainsi, à Akbou, entre le 18 et le 19 juin 2001, 5 jeunes ont trouvé la mort et une vingtaine ont été blessés par balle lors de fusillades, alors qu'ils étaient loin du centre ville et à 1500 mètres du commissariat. Un des rescapés de la fusillade, S. Djaffar, 22 ans, blessé à l'épaule par balle témoignait alors : "On était assis dans le quartier lorsque plusieurs fourgons de la police arrivent à toute vitesse au carrefour de Guendouza, exhibant leurs armes, les CNS descendent de leurs camions et nous arrosent de bombes lacrymogènes suivies de tirs de sommation. Les jeunes du quartier alertés, se sont regroupés pour faire face à la descente des CNS, d'autant plus que la presse de la veille avait rapporté des informations sur des descentes punitives dans plusieurs localités de Béjaïa, de Tizi-Ouzou, de Sétif et de Bouira. On était à une soixantaine de mètres des fourgons de polices, venus en renfort pour permettre à un convoi de gendarmes de passer. Juste après leur passage, les CNS ouvrent le feu sur nous. J'étais à une trentaine de mètres d'eux, quand un des CNS armé de sa Kalachnikov, posté derrière les autres, sort et tire des rafales dans notre direction faisant plusieurs morts, ont Karim Sidhoum et une quinzaine de blessés. Il devait être entre 17h30 et 18h00 ". À Tichy, des éléments des forces anti-émeutes de la gendarmerie ont pourchassé et tué un jeune de 15 ans qui fuyait dans un verger.

Des tirs de snipers

Les sources hospitalières ainsi que les différents témoignages recueillis sur place, montrent que les forces de l'ordre ont utilisé dès le départ des moyens musclés pour répondre aux manifestations de rue. Aux jets de pierres, les gendarmes et les CNS ont répondu avec des armes de guerres de type Kalachnikov ou Séminov. Le rapport de la commission Issad16 mentionne qu'une expertise balistique (celle de Guermah) affirme que les orifices de sortie des balles de Kalachnikov peuvent avoir un diamètre de plus de six centimètres.

Les médecins de l'hôpital de Tizi-Ouzou, de Larbaâ Nath Irathen, d'Azzazga et d'Akbou, qui avaient traité les victimes du mois d'avril 2001, ont confirmé avec certitude les informations qui nous étaient parvenues sur la présence de snipers. "Presque toutes les victimes que nous avons reçues montrent avec précision des impacts de balles sur la tête, le cou et la moitié supérieure du thorax. Il y a beaucoup moins d'impacts abdominaux ou thoraco-abdominaux. Les localisations des blessures démontrent que les tireurs avaient l'intention dès le départ de tuer avec préméditation."

D'ailleurs, les conclusions du rapport Issad sont assez significatives : il relève que "la plupart des morts ont été

touchés dans les parties vitales les plus fragiles, situées dans la partie haute du corps humain (au-dessus du sixième espace intercostal) et qui laissent peu de chances à une thérapeutique, fut-elle pratiquée d'extrême urgence et la grande proportion de ces localisations mortelles paraît difficilement imputable au hasard de la dispersion des projectiles".

Les victimes ont été touchées à plus de 80 mètres des brigades de gendarmerie ou des commissariats de police, alors qu'elles étaient sans armes et fuyaient les assauts des forces anti-émeutes. D'après nos enquêtes, les forces de l'ordre ont utilisé des snipers pour réprimer les manifestants ou tout simplement pour exécuter des personnes. Le ou les tireur(s) étaient souvent, postés sur des terrasses comme à Larbaâ Nath Irathen, Maâtkas, Oudhias, Ouzellaguen et à Azazga.

Plusieurs témoignages ont confirmé la sauvagerie et la volonté déterminée des forces de l'ordre d'exécuter des civils sans états d'âme. À Ouzellaguen le 26 avril 2001, Ibrahim Saddek a été roué de coups et un des gendarmes lui a craché dessus alors qu'il gisait par terre, blessé à la suite d'un tir de sniper. Le 27 avril, à Azazga, (Tizi-Ouzou), un gendarme sniper, posté sur une terrasse, a exécuté de sang froid cinq personnes en 30 minutes17.

À Akbou, (Bejaia), le jeune Abdelkrim Mesbah, âgé de 20 ans, a été victime d'un sniper, un policier en civil, posté sur la terrasse du commissariat de police d'Akbou. Le témoin a précisé que la jeune victime "était assise à une trentaine de mètres du commissariat, il était en train de manger quand il a reçu une balle en pleine tête. Alors que les autres policiers et CNS, continuaient à tirer pour nous empêcher de le secourir. Il a fallu qu'on fasse le tour, 300 à 400 mètres de plus pour rejoindre l'hôpital, Abdelkrim avait perdu beaucoup de sang, il mourra quelques minutes après".

À Sidi Aïche, dans le village de Takriets, Messalti Hafid, âgé de 13 ans, a été tué par un gendarme des brigades anti-émeutes alors qu'il sortait de chez lui. Sa famille racontait que "le gendarme en question était à une centaine de mètres de la victime, le gendarme s'est mis à genou, a visé la tête de Hafid et lui a tiré une balle". À Alger, le jeune Hanniche Hamid,17 ans, a été tué par un militaire posté dans sa guérite, alors qu'il s'apprêtait à rentrer chez lui après la marche pacifique du Front des Forces Socialistes18, le 31 mai 2001.




Tortures et mauvais traitements

Après chaque arrestation, les pratiques de tortures et de mauvais traitements par les forces de l'ordre, ont été systématiques. Des centaines de cas ont été enregistrés par la LADDH.

Idir C, 21 ans, raconte : "J'ai été emmené et mis en cellule, les deux gendarmes qui m'ont embarqué se battaient entre eux pour savoir qui des deux allait commencer à me battre. Ils m'ont déshabillé et battu, à tour de rôle, sans arrêt de 15h00 à 21h00. Par la suite ils m'ont sorti dans la cour de la brigade pour ramasser les pierres ensuite, ils m'ont menacé de mort si je ne mont[ais] pas sur la terrasse de la brigade pour crier aux passants : Vive la Gendarmerie !".

Dans la même période S. Dahmane, né le 9 septembre 1972, a été agressé par des gendarmes alors qu'il essayait, avec d'autres, d'éteindre une voiture en feu. "J'ai reçu un coup de barre de fer sur la tête et j'ai perdu connaissance. Ce n'est qu'à mon réveil à l'hôpital que mes amis, qui ont pu me tirer de là, m'ont raconté que les gendarmes, une dizaine d'après eux, m'ont roué de coups et mis à nu avant de me délester de mon argent (2000 dinars algériens, 200 FF) et me jeter près de la voiture en feu. J'ai eu trois dents cassées. (…)".

Dans cette localité uniquement à Tadmaït (Tizi-Ouzou), nous avons eu une vingtaine de témoignages de ce genre. Les forces de l'ordre n'ont épargné personne. À Chorfa (Bouira), un jeune, Walid S., 14 ans, a été arrêté, torturé, terrorisé toute la nuit par les gendarmes de la brigade de Chorfa. Le lendemain, un fourgon de la gendarmerie, transportant une dizaine de personnes arrêtées et qui avaient subi les mêmes traitements, s'est dirigé vers Bouira pour les présenter devant le juge. L'une d'entre elles a vu comment le jeune Walid S. a été jeté sous un pont alors que le camion roulait. D'après ce témoin, les gendarmes étaient persuadés que le jeune mineur, vu son âge, allait être relâché par le juge. À quelques kilomètres de là, à Ouzellaguen, un jeune de vingt ans capturé par les gendarmes, s'est fait tabasser par une trentaine d'entre eux à l'intérieur de la brigade de Hellouane.

Il s'en est sorti avec la mâchoire déplacée, la jambe droite et son bras fracturés.

3 - Expéditions punitives, représailles, pillages et vols

Plusieurs témoignages et informations relevés par la presse font état de campagnes de représailles et d'expéditions punitives, notamment durant le mois de juin 2001. À Chorfa, le 20 juin 2001, des brigades de gendarmerie sont arrivés en renforts. Les citoyens parlaient de "gendarmes avec un physique incroyable", ce qui leur a fait croire qu'il s'agissait "d'hommes des forces spéciales, les bérets rouges19 déguisés en gendarmes." Les mêmes informations ont été rapportées dans la presse du mois de juin 2001 sur

l'éventuelle présence de bérets rouge à Akbou et à Béjaïa déguisés en gendarmes, appelés en renfort pour mater les manifestants de Kabylie. Vers 22h00, racontaient les citoyens de Chorfa rencontrés sur place, ils ont commencé à sortir parderrière la gendarmerie en faisant le mur. Ils avaient des armes blanches et lançaient des pierres dans les maisons en menaçant et en insultant les habitants. Sur leur passage, ils cassaient les éclairages publics, saccageaient les commerces et tentaient des incursions dans les maisons, ils se sont attaqués au Centre Culturel pour détruire la stèle de Matoub Lounes, et tenter ensuite d'y mettre le feu. Vers minuit, les jeunes se sont constitués en groupes d'autodéfense armés de pioches, de barres de fer, de couteaux pour protéger leurs quartiers. Les appels à la vigilance et à l'autodéfense fusaient des hauts-parleurs de la mosquée de Chorfa.

Plusieurs localités ont vécu cette situation, juste après la marche du 14 juin 2001. Des gendarmes et des CNS armés de cocktails Molotov, de pierres et d'armes blanches se sont attaqués à des maisons et des locaux de partis politiques, cassant les voitures des particuliers, saccageant et pillant les commerces.

Dans la wilaya de Bejaïa, à Akbou, du 18 au 19 juin 2001, les CNS, après avoir tiré sur la foule, se sont emparés de l'Hôpital et ont saccagé les éclairages publics pour ensuite piller les magasins et boulangeries. Dans la même journée, une descente punitive à Haïzer, dans la wilaya de Bouira, a fait 5 blessés parmi les habitants et plusieurs magasins pillés. Du côté de Tizi-Ouzou, les mêmes scènes de pillages et d'expéditions punitives ont eu lieu à Fréha, Azazga et Larbaâ Nath Irathen, Tizi Rached, Béni Yenni, où des gendarmes ont organisé une descente punitive nocturne saccageant commerces et locaux, suite à une tentative, par de jeunes manifestants, de brûler un camion de la gendarmerie. À Beni Maouche (Sétif), même chose. Le jeune commerçant Ouchabaâ K. a vu, comme d'autres, son commerce pillé et sa voiture saccagés par les gendarmes, alors que d'autres commerces ont bizarrement été épargnés. Ouchabaâ expliquait que ceux "qui ont été la cible des gendarmes étaient ceux qui ne voulaient pas céder à leurs pressions auparavant. À plusieurs reprises, ils ont essayé de faire des courses, chez moi, gratuitement et j'ai toujours refusé. Et je suis sûr que c'est un règlement de comptes sinon comment expliquer qu'entre deux commerces saccagés, il y [en] a un d'épargné". Cette campagne de terreur, suite aux descentes punitives du mois de juin 2001, a fait fuir des familles entières habitant les environs de brigades de gendarmerie ou de commissariats. Ainsi, à Tizi Rached, le 21 juin 2001, suite aux expéditions punitives nocturnes, les habitants vivant à proximité de la gendarmerie ont abandonné leur domicile dès le lendemain matin.


4 - Destruction, attaques et occupation des hôpitaux

Durant ce Printemps Noir, les forces anti-émeutes, qu'elles soient de la gendarmerie ou de la police, ont souvent pourchassé des manifestants ou des blessés à l'intérieur des hôpitaux. Plusieurs cas ont été signalés et dénoncés par des médecins, notamment à Tizi-Ouzou où le principal hôpital de la région a été "visité" à plusieurs reprises dans la nuit par des gendarmes pour tabasser les blessés.

À El Kseur, S. A., membre du Croissant Rouge Algérien (CRA), a raconté la journée du jeudi 24 mai 2001, qui avait fait 365 blessés : "Les CNS et les gendarmes, sous l'effet de l'alcool se sont acharnés sur la population. Ils ont jeté des bombes lacrymogènes à l'intérieur des maisons et ont tenté de pénétrer dans d'autres. Ils ont pillé des commerces, saccagé une pharmacie et tabassé un handicapé en lui brisant une jambe alors qu'il était chez lui. Ils ont encerclé la polyclinique et interdit le passage aux blessés ce qui nous a amenés à ouvrir, avec des infirmiers et des médecins, des salles de soins dans des garages de particuliers. En tant que membres du Croissant Rouge avec le gilet officiel de secours, on a été menacés de mort à plusieurs reprises. Et ils ont essayé à maintes reprises de nous bloquer pour nous arracher des mains les blessés". Même chose à Larbaâ Nath Irathen, à Boghni et Draa El Mizan (Tizi-Ouzou), des bénévoles du Croissant Rouge Algérien ont été agressés par des gendarmes. On leur a même tiré dessus alors qu'ils essayaient de secourir des blessés.

Lors de la marche du 14 juin 2001 à Alger, plusieurs dizaines de citoyens ont été tabassés par des policiers en civil ou en uniforme réglementaire. Mohand Chérif H., 22 ans, était parmi ces blessés. Brutalisé par des policiers du commissariat du 8e, il a ensuite échappé à une tentative d'assassinat par des policiers en civil à l'intérieur même de l'hôpital Mustapha Bacha d'Alger : "Ils étaient trois et faisaient le tour des blessés en les insultant. L'un d'eux avait un long couteau à la main. Voyant mon bras dans le plâtre, ils s'arrêtent et me rouent de coups en me menaçant de mort, j'ai pu fuir au moment où un des infirmiers, alerté par mes cris, est rentré dans la salle"

À Akbou, lors des deux journées sanglantes du mois de juin (18 et 19 juin), les CNS avaient carrément pris en otage l'hôpital, interdisant le passage des blessés et des citoyens, et menaçant de mort le personnel médical qui s'occupait des blessés. Il a fallu que le maire de la localité ouvre des salles de soins à l'intérieur de la Mairie.

Dans un communiqué remis à la presse le 18 juin 2001, les citoyens de Beni Maouche, situé à la frontière des wilayets de Bejaia et de Sétif, ont dénoncé les représailles dont ils ont été victimes par les gendarmes. Les fonctionnaires de la Mairie de Beni Maouche rencontrés sur place ont confirmé que des gendarmes venus en renfort, se sont attaqués au dispensaire, l'ont saccagé et y ont mis le feu, alors que c'était le seul lieu de soin de toute la région.

Apprendre le Kabyle

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Ansuf yiswen = Bienvenue


Azul fellawen, azul fellak°ent ay imaziγen ak temaziγin, ansuf yiswen / yisk°ent γur nnaγ.

Bonjour à toi qui est en train de lire ce texte, sois le bienvenue sur le 1er site dédié entièrement à l'apprentissage de la langue Kabyle!

Que tu sois débutant ou initié en langue kabyle, tu trouveras à coup sûr ton bonheur en parcourant les pages de notre site.

Notre site existe depuis 2008 et nous sommes à la 3ème version, à chaque nouvelle version nous j'essaie d'apporter des améliorations et j'espère que cette dernière version vous plaira et vous motivera à apprendre notre langue kabyle.

Afin d'avoir accès à tous les cours du site vous devez impérativement vous enregistrer, c'est totalement gratuit!

Bon apprentissage.

Moh

L’armée Espagnole enseigne la langue berbère à ses soldats

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L’armée Espagnole enseigne la langue berbère à ses soldats
L’Espagne qui a pratiquement trois régions amazighs, Sebta, Melilia et les îles de Canaris en l’occurrence, a décidé de lancer un programme d’enseignement de la langue amazighe à ses soldats.

En effet, contrairement aux pays de Tamazgha à l’image de l’Algérie et du Maroc dans lesquels Tamazight est langue officielle fictive, l’armée espagnole, pourtant pays européen, a lancé un programme d’enseignement pour ses soldats dans le préside de Melilia et sera ensuite généralisée au préside de Sebta et aux Iles Canaries.


Selon le quotidien marocain Akhbar Al Yaoum dans son édition de ce week-end des 25 et 26 février «cette initiative culturelle sera progressivement généralisée par la suite dans le préside occupé de Sebta et aux Iles Canaries. Les Espagnols ont procédé ainsi car l’amazighité fait partie du patrimoine culturel des peuples de la région» a t-on appris.

Ledit quotidien précise que l’information a été rapportée par «des médias espagnols, proches des services de renseignements ibériques» ajoute la publication.

Pétition: Pour l'intégration de Tamazight sur Google Translate

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Pétition: Pour l'intégration de Tamazight sur Google Translate
Le lien pour signer la pétition : https://secure.avaaz.org/fr/petition/Societe_Google_Integrer_la_langue_Tamazight_sur_Google_Translate/?arpahlb





Pourquoi c'est important


Les Amazighs (Berbères) constituent le fond ancien et présent de la population de l'Afrique du Nord. Ils formaient à l'origine un seul Peuple qui fut peu à peu fragmenté par une histoire à la fois riche, complexe et mouvementée.

L'Afrique du Nord est porteuse d'une langue et d'une culture qui ont traversé des siècles et ont tant enrichi la civilisation humaine.

Comme vous le savez, la langue Tamazight est parlée par plus de 60 millions de personnes, dans toute l’Afrique du Nord et la zone saharo-sahélienne, mais aussi en France et même au Canada.

Longtemps reléguée au rang de folklore, la culture Amazighe (berbère) se voit offrir aujourd'hui l'opportunité de progresser d'avantage dans sa pleine reconnaissance dans le monde numérique.

Récemment, dans un communiqué de la direction de Facebook , cette dernière affirme avoir pris cette décision afin de répondre aux sollicitations de la communauté berbérophone dans le monde. En adoptant le Tamazight, Facebook ne fait qu’emboiter le pas à Microsoft qui a déjà adopté la langue Amazighe pour Windows 8. (Voir ci-après Facebook en Tamazight: http://www.amazighs.fr/facebook-en-langue-tamazight/ )

Partant de ce constat et sachant que plusieurs langues ayant un nombre moins important de locuteurs y sont présentes (le Khmer, le Norvégien, le Gallicien), c'est au tour du géant Google "d'accueillir" la langue Amazighe sur Google Translate ( https://translate.google.fr/?hl=fr ),

Pendant des années, la communauté Amazighe réclame cette possibilité. C'est ainsi que nous, associations, organisations, et citoyen(ne)s des pays d'Afrique du Nord, Amazighs du monde entier et apprenants de Tamazight aussi, signataires de cet appel, demandons à GOOGLE d'intégrer Tamazight sur Google Translate.

Chers amoureux de Tamazight, amoureux des langues dans la terre entière, Signons et Diffusons massivement cette pétition!

L'équipe Amazighs.fr

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Ask Google to integrate Tamazight in Google Translate

The Amazigh people (the Berbers) were and are the native population in North Africa. They were one people which was gradually fragmented by a rich, complex and hectic history.

North Africa is the bearer of a language and culture that have crossed centuries and enriched human civilization significantly. Over 60 million people speak Tamazight language across North Africa and the Sahara-Sahel region, but also in many countries across the world like France and even Canada.

Relegated to folklore for a long time, Tamazight (Berber) culture has now the chance to further progress towards its full recognition in the digital world.

Recently, in a press release, Facebook claimed they will integrate this language in order to meet the insistent demands of the Berber-speaking community in the world. By adopting Tamazight, Facebook followed the pace taken by Microsoft, which has already integrated Tamazight language in Windows 8. (See below Facebook Tamazight: http://www.amazighs.fr/facebook-en-langue -tamazight ) Knowing that many languages that have fewer speakers (e.g. Khmer, Norwegian, Galician) are given the chance to be in Google Translate, it is Google’s turn to embrace Tamazight language and integrate it in its so helpful Google Translate (https://translate.google.fr/?hl=fr)

For years, the Tamazight community has been calling for this possibility. Thus, we, associations, organizations, North African citizens, Tamazight people of the whole world and learners of Tamazight language, signatories of this appeal, ask GOOGLE to integrate Tamazight in Google Translate.

Dear Tamazight people, language lovers from all over the world, please, SIGN and SHARE massively this petition!
The team www.amazighs.fr

Le Lac Noir de l’Akfadou en Kabylie

Par , le dans Actualité en Kabylie - 1 Commentaire




Ce lieu touristique est méconnu du grand public. Les pouvoirs publics, qui ne cessent de parler de l’investissement dans le tourisme de montagne, n’ont rien entrepris pour le faire connaître.

La dense forêt de l’Akfadou recèle en son cœur un site touristique majestueux. Le massif forestier est partagé par quatre communes de la wilaya de Béjaïa : Akfadou, Adekar, Chemini et Taourirt Ighil, et trois communes de la wilaya de Tizi Ouzou : Ath Idjeur, Bouzeguen et Yakouren. Cette forêt est connue surtout pour y abriter le Lac Noir, appelé communément par les gens de la région Agoulmim Aberkane.
Si administrativement l’immense forêt dépend de la wilaya de Béjaïa, géographiquement elle partage les deux wilayas limitrophes de la Kabylie. Mais paradoxalement, c’est un site touristique méconnu du grand public. Les pouvoirs publics, qui ne cessent d’encourager, dans le discours, l’investissement dans le tourisme de montagne, n’ont rien entrepris pour le faire connaître. C’est un paradis dont Dame nature a gâté les deux wilayas, Béjaïa et Tizi Ouzou, et que le pouvoir politique a sciemment ignoré.
Pour preuve, la forêt n’est toujours pas classée ni comme Parc national ni comme réserve de biosphère dont l’objectif serait de promouvoir une relation équilibrée entre l’homme et la biosphère. Et faire ensuite l’objet de recherches scientifiques sur la conservation des paysages et des écosystèmes, la gestion des ressources naturelles et l’impact des activités humaines. Et elle aurait pu servir de modèle à des projets de développement durable et d’éducation à l’environnement.
Pourtant, ce n’est pas faute d’avoir essayé. La Conservation des forêts de la wilaya de Béjaïa a ficelé tout un dossier pour son classement. “Le problème du classement de la forêt de l’Akfadou est plus profond que l’on ne le pensait. Il remonte à 1962, à vrai dire”, nous a déclaré Abane Lehlal de la Conservation des forêts de Béjaïa. Et de préciser que “le dossier d’étude de son classement est au niveau du ministère de l’Agriculture depuis une décennie. Comme le ministère de l’Environnement fait partie de la commission d’études pour trancher la question, on attend”. Pis encore, la piste d’Akfadou menant à partir des deux communes limitrophes, Adekar et Taourirt Ighil, au lieudit Lambert mais aussi à Agni Tillist pour les habitants des deux régions vers ce Lac Noir, est dans un état non carrossable. C’est une route ouverte vers la forêt de l’Akfadou du temps de la présence de l’armée coloniale de la France. Du fait que cette immense forêt est, pour reprendre le regretté Matoub Lounès : “Akfadou rahva amukran, lmersa lmoudjahidine” (L’Akfadou, bastion des moudjahidine), le massif forestier avait servi de QG à la Wilaya III et à son redoutable chef, le colonel Amirouche.
Aujourd’hui, la désormais piste est classée chemin de wilaya et dépend de la direction des travaux publics de la wilaya de Béjaïa. Un axe routier qui fait jonction avec le CW 43 dans la commune de Toudja. Il relie Adekar à la commune de Toudja, via Taourirt Ighil, jusqu’à l’aqueduc romain de Toudja à Ifrène. Et dans l’autre versant, c’est vers le col de Tagma, wilaya de Tizi Ouzou.
Pour se rendre au Lac Noir à partir d’Adekar, il faut emprunter ce chemin de wilaya, sinueux et difficilement praticable. Aussi, les familles et les randonneurs qui s’y rendent sont obligés de laisser les véhicules plus loin. La Conservation des forêts de la wilaya de Béjaïa, qui aurait pu effectuer des travaux, est stoppée net en raison du statut de ce chemin de wilaya, qui dépend de la direction des travaux publics. Le site est situé pas loin des hauteurs surplombant le village d’Adekar et à une altitude de 1260 m. À quelques encablures des ruines romaines, après la fontaine, les chênes zen vous accueillent. En cette saison estivale, le soleil peine à percer les feuilles de ces chênes zen d’une hauteur de plus de 60 m. Les feuilles scintillent par les rayons du soleil, qui peinent à éclairer une terre humide et aux oreilles chuchotent le gazouillement des différents oiseaux et les cris stridents du singe-magot.
À votre arrivée, le site offre une image à vous couper le souffle. Un lac, nappé de fleurs et ceinturé par des arbres et avec la présence de ses 50% d’espèces méditerranéennes de flore et de faune. Notre guide, un forestier, travaille sur le sujet depuis des décennies. L’une des mascottes du Lac Noir : le cerf de Berbérie. Il n’y a que les plus chanceux des randonneurs qui pourraient dire qu’ils l’avaient aperçu tellement l’animal, majestueux, est méfiant et insaisissable.

De nouveaux cerfs de Berbérie introduits

Depuis 2005, une opération de réintroduction des cerfs de Berbérie est menée par le centre cynégétique de Zéralda avec le concours de la Conservation des forêts de la wilaya de Béjaïa.
On apprend que dans l'antiquité, le cerf de Berbérie (communément appelé cerf de Barbarie) occupait toute l'Afrique du Nord, de la Tunisie actuelle jusqu'aux limites du Tell oranais vers l'ouest, et du Nord jusqu'aux portes du Sahara. On apprend en outre que seules quelques centaines survivent encore dans un espace restreint entre Annaba, le Nord-Ouest tunisien et Souk Ahras.
D'où l'importance et l'intérêt du projet initié par cette équipe de scientifiques du centre cynégétique de Zéralda, qui consiste en la réintroduction de cette sous-espèce de cervidés unique sur le continent africain, dans la forêt d'Akfadou limitrophe du Djurdjura dans un premier temps, avant d'étendre l'expérience à deux autres zones dans le Djidjelli et Collo.
Trois cerfs ont été ramenés et lâchés dans des enclos fermés en première phase. Dans un deuxième temps, c’est le pré-lâcher avant de les lâchers dans la nature.
Aujourd’hui, l’opération de leur réintégration est, selon Abane Lehlal, de la Conservation des forêts de la wilaya de Béjaïa, réussie. De trois cerfs, l’enclos est passé à plus d’une vingtaine grâce à leur reproduction. Le seul inconvénient pour ces cerfs est les tempêtes de neige comme celle de l’hiver 2005. Ce n’était pas le cas, malheureusement, pour l’introduction des perdrix que les citoyens de la région ont exterminées lors de parties de chasse particulièrement génocidaires. Plus grave encore, les groupes armés terroristes ont voulu faire de ce massif forestier avec son plan d’eau, le Lac Noir, un terrain de repli. Il deviendra un territoire interdit pour les forestiers, mais aussi pour les bergers de la région.



Les randonnées pédestres reprennent


À l’avènement du terrorisme, au début des années 1990, l’immense forêt est infestée par les groupes terroristes du GIA, puis par ceux du GSPC. Avant leur anéantissement progressif, vers la fin des années 1990, les amoureux de la montagne ne s’aventuraient guère à le faire ; les pérégrinations des plus téméraires se limitaient aux alentours des grands bourgs. Le massif forestier de l’Akfadou est devenu interdit ; les hordes terroristes suspectaient tous ceux qui osaient braver l’interdit. C’est ainsi qu’au début des années 1990, le GIA avait commis le premier assassinat de Tigmit Madani du village Imaghdassen, dans la commune d’Akfadou. C’était un éleveur de bétail, surpris par un groupe terroriste lorsqu’il était à la recherche de son cheptel dans la forêt de l’Akfadou. La victime avait été mutilée par les terroristes du GIA.
Mais avec le déclin du terrorisme, le Lac Noir est de nouveau visité. Les visiteurs dont des familles y viennent d’un peu partout pour un pique-nique ou des randonnées. Et en cette période de grande chaleur, les habitants de la région assistent avec plaisir à des excursions et à des randonnées pédestres de citoyens venus d’ailleurs. De Béjaïa mais aussi des wilayas limitrophes. Et c’est particulièrement les week-ends que le site reçoit plus de monde. Il ne désemplit quasiment jamais de visiteurs étrangers à la région.
Toutefois, la piste de l’Akfadou (CW 34) qui mène vers le site doit être impérativement bitumée pour tourner définitivement la page de la décennie noire que la mémoire collective est en passe de chasser.

Les petites mains d’un patrimoine Kabyle oublié

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 Les petites mains d’un patrimoine Kabyle oublié
Elles sont enseignantes, infirmières ou secrétaires. Elles sont en retraite ou elles ont délibérément abandonné leur emploi pour se consacrer à une mission de sauvegarde et de promotion d’un patrimoine. Beaucoup travaillent bénévolement et, pour certaines, elles tiennent à garder l’anonymat.

Dans une conjoncture où tout est étalonné par l’argent dont l’origine est bien souvent douteuse, apparaît une catégorie de femmes animées par le volonté de faire revivre un capital culturel, culinaire, agricole ou artisanal dont l’intérêt a décliné avec la confusion et la pollution politiques que vit la Kabylie depuis une quinzaine d’années.
Qu’est-ce qui fait revivre ce sentiment de ferveur et ce devoir de transmission chez des femmes en fin de parcours professionnel alors que tout autour les “discussions intellectuelles” et les actions de bon nombre d’universitaires sont vampirisées par les polémiques et l’obsession de l’argent-roi ?

Aller à contre-courant d’une crise morale qui a tout enseveli, revenir aux vertus qui ont précédé et suivi le printemps amazigh par une production besogneuse et désintéressée a de quoi surprendre.
Elle a choisi le pseudonyme de Thala pour enregistrer à compte d’auteur des poèmes et des comptines où sont chantés avec une voix juste et bien posée tous les thèmes de la vie kabyle : l’enfance, l’exil, la fête, le courage et le devoir de solidarité envers les anciens… L’interprète a choisi de se faire accompagner par un flûte et un discret amendayer. Entre les contraintes d’agenda de musiciens pris par d’autres engagements, l’indisponibilité des studios que pour des raisons de coût, il fallait occuper aux heures de moindre fréquentation, la sortie du CD a nécessité plus de trois mois. Le résultat est souverainement accompli. L’implication est totale et cela se ressent à l’écoute. Le chant est proposé – et entendu – ici comme le souvenir d’un vécu dense et précieux. Il y a quelque chose de Taos Amrouche dans ce travail.

Vouloir coûte que coûte et par le seul élan du cœur faire revivre la voix des mères de nos mères pour redonner aux âmes et aux rêves leur fonction de mémoire nourricière est une entreprise qui, au-delà de son esthétique, inspire respect. Ce que ne font plus les artistes officiels et, hélas, de moins en moins les associations, est réhabilité par des femmes sans responsabilités ni moyens.
À Fréha, une autre enseignante, lasse de voir des plats à base farineux frelatés envahir les assiettes de ses enfants, décide d’arrêter son travail, d’entamer une formation auprès des anciennes qui ont fabriqué les différentes variétés de couscous et de demander un prêt pour s’équiper, produire et conditionner le précieux aliment dans des normes de propreté et de préservation des propriétés gustatives et nutritives conformes aux recommandations de la santé publique.

Au bout d’une année, le petit local s’élargit et désormais ce sont six femmes qui roulent et mettent en sachet le couscous de blé et d’orge avec des étiquettes portant la date de fabrication et celle de la péremption. Les mères de famille ne s’y sont pas trompées : le bouche à oreille a parfaitement fonctionné et la production peine à répondre à la demande. Une autre femme, employée municipale, cliente de cette petite entreprise, projette de se greffer sur son succès et de se lancer dans la fabrication de sauces couscous prête à consommer, préparée à partir de légumes et condiments du terroir.

Aux Ouadhias une autre femme, couturière à domicile, se prépare à s’inviter à l’occasion des fêtes de fin d’année scolaire pour offrir avec les prix officiels deux ou trois robes aux jeunes collégiennes et lycéennes afin qu’elles apprennent à les porter non plus comme un gadget folklorique mais comme un acte social qui habille son espace et accompagne une vie professionnelle. “Le hidjab n’est ni plus esthétique ni plus légitime que nos robes”, assure l’ancienne infirmière.
Il est trop tôt pour dire si ce sursaut perdurera et si les pratiques, actes et objets qui l’expriment seront repris par d’autres jeunes (filles ou garçons) pour en faire un mode opératoire social et culturel qui peut faire pièce à la culture de l’invective ou du mimétisme qui polluent et brouillent le combat d’une génération qui a défait le parti unique par ce qu’elle a su rendre les citoyens fiers de leurs héritages.
Il reste une évidence : face à la démission des acteurs supposés veiller à produire et argumenter par la raison et pour la solidarité, ce sont les femmes qui, une fois de plus, ont sonné l’alerte et engager la bataille. De la plus belle des manières : produire.
À suivre


R. O.
(*) Universitaire
liberte-algerie.com

Anniversaire de l'assassinat de Lounès Matoub

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Anniversaire de l'assassinat de Lounès Matoub



18ème Anniversaire de l'assassinat de Lounès Matoub



25/06/1998 - 25/06/2016

Depuis la sortie de son premier album A Yizem anda tellid ? (Ô lion où es-tu ?) Matoub Lounes célèbre les combattants de l'indépendance et fustige les dirigeants de l'Algérie à qui il reproche d'avoir usurpé le pouvoir et de brider la liberté d'expression. Chef de file du combat pour la reconnaissance de la langue berbère, Matoub Lounes est grièvement blessé par un gendarme en octobre 1988. Il raconte sa longue convalescence dans l'album L'Ironie du sort (1989).

Violemment opposé au terrorisme islamiste, Matoub Lounes condamne l'assassinat d'intellectuels, mais il fut enlevé le 25 septembre 1994 par un groupe armé, puis libéré au terme d'une forte mobilisation de l'opinion kabyle. La même année, il publie un ouvrage autobiographique Le Rebelle et reçoit le Prix de la mémoire des mains de Danielle Mitterrand.

En 1996, Matoub Lounes participe à la marche des rameaux en Italie pour l'abolition de la peine de mort alors qu'en en mars 1995, le S.C.I.J. (Canada) lui remet Le Prix de la Liberté d'expression.

Le 25 juin 1998, Matoub Lounes est assassiné sur la route menant de Tizi Ouzou à Ath Douala en Kabylie (Algérie) à quelques kilomètres de son village natal. Les conditions de ce meurtre n'ont jamais été élucidées. Les funérailles du chanteur drainèrent des centaines de milliers de personnes, tandis que toute la région connut plusieurs semaines d'émeutes. Son dernier album Lettre ouverte aux..., parut quelques semaines après l'assassinat, contient une parodie de l'hymne national algérien dans laquelle il dénonce le pouvoir en place.

Une fondation portant le nom du chanteur Matoub Lounes a été créée par ses proches pour perpétuer sa mémoire, faire la lumière sur l'assassinat et promouvoir les valeurs défendues par Matoub Lounes.

Deux rues portant le nom de Matoub Lounes ont été inaugurées en France à sa mémoire:

* Dans la commune de Saint-Martin-d'Hères près de Grenoble.
* À Vaulx-en-Velin près de Lyon le 22 novembre 2003.
* A Aubervilliers en Seine Saint Denis






Matoub Lounes est, parmi les artistes kabyles, le plus connu en Kabylie et dans le monde entier de par son engagement, en plus de sa discographie.


«Mais la paix renaîtra un jour et mes chants parmi vous célébreront à nouveau le printemps si cher à nos cœurs..». L'auteur de ses lignes s'appellait Lounès Matoub, star de la chanson kabyle et héros dans sa région natale, TAMAZGHA

Au milieu d'une conjoncture qui n'était pas comme toutes les autres, marquée par la guerre d'Algérie, et plus exactement le 24 janvier 1956 naquit Lounès Matoub au sein d'une famille humble et très modeste, dans la région d'Ait Douala dans les montagnes de Djurdjura, à une vingtaine de kilomètres de Tizi-Ouzou. La région de chanteur Matoub Lounes a connu beaucoup de mouvement et de répression et encore des cas d’enlèvement, en septembre 2002 Bouzegzi Samir et Boudarene Ahcene de village Taguemount Azouz ont été enlevés trois jours après leurs déclarations dans la presse où ils ont dénoncé le vote « nous sommes contre le vote , l’état algérien est responsable de tout ce qui ce passe en Kabylie »

A l'aube de son enfance, commença à pousser chez Lounès un germe d'indocilité, un germe qui en fera de lui un Rebelle. En revanche, au cours de cette période où l'on ne trouve guère place à l'innocence, il essaya de refouler toute idée d'oppression en risquant de mettre le feu à son village; c'est sa façon à lui, en tant qu'enfant de s'insurger, de s'extérioriser, de dire non à la domination.

Il survint le jour où il partit, en compagnie d'un groupe d'enfants, turbulents comme lui, dans une cabane pour fumer discrètement. En allumant, la cahute prit feu. Toute une histoire s'est orchestrée; déplacement sur les lieux des troupes françaises, une double-enquête ! De ces dernières et des maquisards…et finalement ce n'était qu'un petit enfant, innocent, révolté appelé Lounès Matoub. Il en était fier!

Sous l'ombre d'une situation difficile, marquée par l'émigration des Algériens en France - surtout les Kabyles - à la recherche d'un emploi pour assurer une certaine vie à sa famille, le petit Lounès était contraint de vivre loin de son père parti en exil. Il deviendra ainsi le "petit homme" du foyer, aux côtés de sa mère et grand-mère qui occupaient ensemble leur maison à Taourirt Moussa. Après la naissance de sa sœur Malika, en 1963, il garda toujours son statut de "l'homme de la maison", il demeurait, alors, gâté en dépit des carences multidimensionnelles dues à une misérable situation où sombrait l'Algérie colonisée. Pour se consoler de l'absence de son père, Lounès éprouvait un puissant attachement à sa mère qu'il considérait "merveilleuse". En effet, c'était elle qui veillait sur les besoins de la maison en l'absence de son mari. En ces moments rudes, la mère de Lounès endossait toutes les charges ; se soumettait aux exigences de la vie quotidienne, chez elle ou ailleurs, et prenait en charge son enfant. Tout en s'absorbant dans le travail, qu'il soit à la maison (dans la cuisine surtout la préparation du couscous), aux champs… elle chantait - afin de se consoler - ce qui avait suscité chez son enfant une vigoureuse volonté de s'aventurer dans la chanson. Héritant le critère oral qui détermine la culture berbère, elle racontait à son fils, chaque soir, des contes kabyles desquels le futur chanteur acquiert un lexique d'une richesse "terrible".

Consciente de ce que vaut l'instruction, la mère de Lounès insistait à ce que son fils fréquente l'école avant d'atteindre l'âge requis. Mais, Lounès voyait en celle-ci une cellule, une prison qui le prive de beaucoup de préoccupations puériles; il lui réservait moins d'importance.

Scolarisé en 1961 à l'école de son village, une des vieilles écoles de Kabylie construite à la fin du siècle dernier, Lounès était un enfant bavard et ce durant toute sa scolarité. Ce qui lui a valu d'être renvoyé de l'école à plusieurs reprises.

Cependant, il préférait courir derrière la "liberté", celle qu'il retrouvait quelque part ailleurs, loin de l'école, à la chasse "pratiquement kabyle" ; poser des pièges, tendre des lacs… Véhiculé par l'innocence et l'inconscience enfantine, il se souciait moins de ses devoirs scolaires qu'aux aventures puériles.

Tout en se référant au combat opposant l'armée française à l'ALN, les enfants tel que Lounès, qui estimait les maquisards, fabriquaient des "armes" afin de peindre ce combat et lui donner une image qui leur est propre.

Étant un petit enfant, Lounès n'était pas apte de garder en mémoire tous les événements qui se sont produits durant la guerre, néanmoins il se rappelait bien de quelques scènes qui ont marqué son enfance innocente et demeuraient, a posteriori, gravées dans sa mémoire. C'est le cas des ratissages dont faisait l'objet son village, les tableaux représentant la complicité des harkis …D'ailleurs, on craignait moins les Français que ceux-là.

Lounès se rappelait également, très bien, du jour où les Kabyles qui vivaient à Alger débarquèrent chez eux fuyant l'OAS. Il s'en souvenait, très bien, puisque leurs enfants ramenèrent leurs jouets de qualité. Jalousie d'un enfant ! Quoi qu'il soit indifférent à l'école, Lounès garde en mémoire de sa scolarité, l'image des pères blancs qu'il appréciait autant qu'il respecte leur enseignement. Pour lui, ces "religieux" représentaient une lueur lui éclairant - et pour tous les enfants de sa génération - une vision sur un monde moderne qui tient ses racines de l'ancien, plutôt des ancêtres. D'ailleurs, d'après lui toujours, ils leur enseignaient même des cours d'histoire, de "notre civilisation" ; celle de Jugurtha, ils apprenaient, en outre, aux filles à coudre, à tisser, presque toutes les activités manuelles… Plus loin encore, ils s'impliquaient dans le mouvement de la guerre aux côtés des Algériens. Par conséquent, ces instructions avaient contribué de façon à faire de Lounès un homme, auquel la question identitaire devient une priorité, une préoccupation fondamentale, objet de son anxiété même. Dans un sens large, il était reconnaissant à cette qualité d'enseignement qui incarnait l'ouverture d'esprit pour ainsi devenir un véritable militant de la démocratie.

Issu donc d'une école, peut-on le dire, française, il avait le privilège de maîtriser la langue de Voltaire qui suscitera son appétit à la lecture. Il lu, alors Mammeri, Camus, Amrouche, …et Feraoun. Mais la loi de Boumediene, en 1968, portant l'arabisation de l'école - Ahmed Taleb alors, ministre de l'éducation s'en est chargé - vint tel un coup d'épée. Lounès la considérait arbitraire, telle une provocation, et même une agression à toute une région de l'Algérie qu'est la Kabylie. En revanche, il éprouvait dès lors un rejet catégorique à la langue arabe et de même à l'école coranique de l'époque dite "Zawiya". Lui qui était conscient du danger que concourait cette décision n'hésitera guère, plus tard, à crier haut et fort que le FIS, plutôt tous les intégristes soient un produit, pur et net, d'une école algérienne sinistrée.

De ce fait, après "l'indépendance" en 1962, la paix semblait s'installer, et la violence chercher un autre compartiment… Ainsi croyait-on … ! ? Mais, juste une année plus tard, la violence reconquiert la Kabylie. De cette façon, Lounès et sa génération assisteront au conflit qui opposera le régime de Ben Bella, président de "l'Algérie indépendante", aux officiers de la wilaya 3 à leur tête Hocine Ait Ahmed président du FFS (Front des Forces Socialistes). Le conflit a fait plus de 400 morts et des milliers de blessés. Krim Belkacem, un grand homme politique, signataire des accords d'Evian, s'est démarqué de ce conflit. Matoub considérait cet antagonisme comme première déchirure de la Kabylie, mais ce qui le traumatisera le plus est le fait que, 23 ans plus tard - c'est-à-dire -en 1985, ces deux personnalités (Ait Ahmed et Ben Bella), en conflit aigu, se rencontrent dans l'objectif de constituer une alliance contre le régime en place; il qualifia cette initiative d'absurde et aberrante ! En produisant un album pour exprimer son rejet à cette fallacieuse alliance, il a été traité par certains titres de la presse française, de fasciste.

Son destin est ainsi tracé. Qui aurait pensé, même pas lui d'ailleurs, qu'il allait devenir une vedette et l'homme de "la légende vivante". Il a commencé à s'intéresser et à apprendre la musique comme beaucoup d'autres chanteurs montagnards de Kabylie. À l'âge de neuf ans, il fabrique lui-même sa première guitare artisanale à l'aide d'un vieux bidon d'huile. Il commence à gratter sur les fils en plastique en jouant l'air populaire le plus connu : « Ah a madame serbi latay ». (Ah madame sers moi du thé). Lounès n'a jamais appris la musique à l'école, d'ailleurs il disait : « Je n'ai jamais étudié ni la musique ni l'harmonie. Même lors des galas, je n'ai ni partition, ni pupitre, rien. J'ai toujours travailler à l'oreille et j'ai acquis cette oreille musicale en écoutant les anciens, en assistant aux veillés funèbres, là où les chants sont absolument superbes, de véritables chœurs liturgiques. Mais on n'y chante pas Dieu, on parle de misère sociale, de vie, de mort. Ce sont des chants de notre patrimoine, que de générations d'hommes et de femmes ont chantés. Là est ma seule culture musicale. À part cela, je reconnais être incapable de lire la moindre note de musique, au point qu'il m'est impossible de distinguer, sur une partition, mes propres compositions. Tout ce que je fais, je le fais à l'oreille. Je prend mon mandole et j'essaie. Je trouve les accords, puis je compose des airs qui deviennent mélodies. À force de faire et de refaire, je les enregistre dans ma mémoire et je les retiens. J'accorde mes instrument à la voix, je n'utilise pas de diapason. Je sais que cela risque de surprendre un certain nombre de musiciens, mais je n'ai jamais utilisé de diapason. Je ne sais pas ce qui est un "la" et j'ignore la différence entre une clé de "sol" et une clé de "fa". Tout cela m'est étranger. Sur scène, je demande aux musiciens de se régler sur ma voix. C'est toujours ainsi que j'ai fonctionné, et toujours ainsi que j'ai enregistré mes disques. Plusieurs fois, je me suis dit qu'il serait temps d'apprendre la musique d'une manière rigoureuse. Puis j'ai estimé que cette "contrainte" risquait finalement de plus m'embarrasser que me faire progresser. Cela pouvait même me bloquer. J'y ai donc renoncé, et je m'en porte très bien. Et même si je n'ai aucune notion de musique, au sens académique du terme, je sais parfaitement quand quelqu'un joue ou chante faux, ou quand mon mandole est désaccordé. C'est, chez moi, une question d'instinct. Même en matière de musique, je suis anticonformiste, rebelle au carcans des règles et des lois. Et puisque cela fonctionne ainsi, pourquoi se poser des questions ? »

C'est en 1972, qu'un miracle se réalisa pour Lounès. Son père rentre au pays après 30 ans d'émigration en France. À son arrivée à la maison, il lui offre un mandole qu'il lui avait acheté à Paris chez Paul Beusher. C'était le plus beau cadeau qu'il n'avait jamais eu, car il venait de son père. Une année plus tard, au cours d'un jeu de poker il mit la mise sur son mandole qu'il perd dans la partie. Et l'année suivante, il se débrouille pour s'acheter une guitare puis commence à animer régulièrement des fêtes.

Durant l'année 1974, pendant qu'il était interne au lycée de Bordj-Menaïel, il a été renvoyé à plusieurs reprises par le surveillant général à cause de sa mauvaise conduite. C'est à cette époque qu'un grave incident lui arriva. Il blesse un jeune garçon à coup de rasoir suite à une bagarre qui s'est déclenchée dans un salon de coiffure. Interpellé par la gendarmerie, il devait être relâché le lendemain. Au tribunal, Lounès a osé demander au procureur une cigarette. Ce dernier abasourdi par un tel comportement décide de le mettre en tôle. Lounès purgea alors un mois en prison. À sa sortie de prison, il fait un stage de mécanique générale à Alger, après avoir réussi à l'examen final, il enchaîne avec six mois de formation en ajustage.

L'année d'après, en 1975 Lounès Matoub est appelé au service militaire, il rejoint Oran pour passer ses deux années sous les drapeaux. À sa sortie, il est embauché à l'économat du collège d'enseignement moyen d'Ait Douala où son père était cuisinier depuis 1972. sentant le succès lors des fêtes qu'il anime dans son village, il décide de se consacrer davantage à la chanson en tentant sa chance en France.

C'est en 1978 qu'il a débarqué en France. Un soir il anime une soirée dans un café où il gagne 4000 FF, ce qui l'encourage à monter à Paris. C'est là que le rêve commence à devenir réalité. Aussitôt arrivé à Paris, il se produit dans les cafés très fréquentés par la communauté émigrée Kabyle. C'est pendant cette période qu'il rencontre le chanteur Idir. Ce dernier l'a même invité un jour à chanter en compagnie d'autres chanteurs au palais de la Mutualité lors d'un grand récital intitulé "la nouvelle chanson berbère" organisé par la coopérative Imedyazen en collaboration avec le groupe d'Étude Berbère de l'Université de Vincennes. C'est au cours de ce concert que Matoub fait la connaissance de deux monuments de la chanson kabyle : Slimane Azem et Hnifa, d'ailleurs il a réadapté quelques unes de leurs chansons. Il manifestait, même dans ses textes, son affliction du sort de ces deux figures, l'une condamnée à l'exil et l'autre dont le cadavre fut abandonné après sa mort.

Lounès se rappelait bien du jour où son ami Idir, l'accompagna dans une maison d'édition pour faire son premier enregistrement. Son premier disque fut un succès. Puis tout s'est enchaîné de façon accélérée.

En avril 1980, la Kabylie était en plein effervescence, Matoub Lounès se produit à l'Olympia, dans une salle archicomble. Ce concert le contraint de suivre les événements de loin par le biais de la presse, depuis la France. En guise de solidarité avec la population kabyle, il monte sur scène à l'Olympia, la guitare à la main en pourtant un treillis militaire, une tenue de combat estimant que la Kabylie était entrée en guerre.

Ne pouvant rester indifférent aux événements berbère de Kabylie, il tente avec quelques militants kabyles, d'organiser une manifestation devant l'ambassade d'Algérie à Paris. La manifestation fut interdite, Lounès s'est fait embarqué par la police en compagnie de ses camarades en se retrouvant entassé dans des cellules minuscules. Depuis, Lounès Matoub a toujours répondu favorablement lors des célébrations du printemps berbère où il a animé plusieurs galas dans les milieux universitaires, notamment durant la décennie 80-90.

A l'avènement du multipartisme, pour Lounès, toujours fidèle à lui-même, la question identitaire demeurait l'objet de son militantisme et essaya, tant soit peu, d'éviter les clivages partisans. D'autant plus qu'il voyait en le MCB (Mouvement Culturel Berbère) un cadre rassembleur en dépit de toutes les césures. En effet, un certain 25 janvier 1990, date d'une marche historique, il a été désigné pour remettre un rapport à l'APN (Assemblée Populaire Nationale). Lounès déplore les divisions du mouvement, il disait : «malheureusement, c'est là où le bât blesse, lorsqu'on voit le mouvement s'effriter, alors que c'est notre force de frappe et de persuasion. Pour ma part, je ne prête pas attention à ce genre de discours. Le MCB est un mouvement qui draine énormément de foules donc sujet à des exploitations ».

Matoub qui contestait le régime sous le règne de Boumediene, garda de similaires positions pour celui de Chadli qui maintenait son indifférence à la calamité succédant le 20 avril 1980. Il lui fait grief également, à lui et son gouvernement, d'être à l'origine de ce qui s'est passé le 05 octobre 1988. En ce jour présent dans les mémoires de tous les Algériens et des Algériennes,

Les événements d'octobre 1988 ont laissé des séquelles dans le corps de Lounès. C'était le 9 octobre 1988 quand Matoub en compagnie de deux étudiants, à bord de son véhicule, a pris la destination de Ain El Hammam (ex Michelet) venant de l'université de Tizi-Ouzou pour distribuer un tract appelant la population à une grève générale de deux journées et au calme suite aux manifestations d'Alger. Intercepté par des gendarmes qui le suivaient, l'un deux tire à bout pourtant sur Lounès après l'avoir insulté tout en passant les menottes aux deux étudiants. Lounès Matoub s'effondra il est atteint de cinq balles dans l'une lui traverse l'intestin et fait éclater le fémur droit. Il est ensuite évacué vers l'hôpital de Ain El Hammam puis à l'hôpital de Tizi-Ouzou. Ensuite il est transféré à la clinique des orangers à Alger. Il y est resté six mois avant d'être transféré en France pour des soins plus intensifs à l'hôpital Beaujon le 29 mars 1989. six semaines plus tard, il anime un gala au stade de Tizi-Ouzou devant une immense foule alors qu'il portait des béquilles. En dix huit mois, il a subi quatorze opérations chirurgicales.

Au cours de son séjour à l'hôpital Mustapha, Isabelle Adjani lui rendait visite, ce qui le réconforte considérablement. Deux ans plus tard, et après un fragile rétablissement il replongeait dans le même bain ; cette fois-ci, il a été agressé par son voisin, poignardé au sein même de la brigade de la gendarmerie.

Le 29 juin 1994 lors de la marche organisée à Alger pour exiger la vérité sur les circonstances de l'assassinat du président Mohamed Boudiaf. Il était aux côtés de Said Sadi et Khalida Messaoudi quand une bombe explose au niveau de l'hôpital Mustapha faisant deux morts et plusieurs blessés.

Le regretté s'intéressait autant aux talentueuses plumes algériennes d'expression françaises, qu'il soit Djaout, Mekbel, Boucebci, Kateb, J.Amrouche … et son ami Dilem, un jeune caricaturiste qui lui inspirait l'humour, surtout l'audace et le courage. En effet, les empreintes de ces personnes illuminaient le parcours du Rebelle ; il se référait maintes fois à leurs idéaux - "Tu parles, tu meurs, tu te tais, tu meurs alors pales et meurs", "On veut nous emprisonner dans un passé sans mémoire et son avenir" -

A propos des initiateurs des doctrines obscurantistes, l'exemple de Belhadj, Abassi Madani, Kebir…, Lounès avait la nausée à chaque fois que l'on en fait la moindre allusion. Depuis un très jeune âge, il manifestait publiquement son hostilité absolue à ces courants.

Ses positions étaient formelles face aux hordes du GIA ! Cette attitude a failli lui coûter la vie quelques années plus tard ! Le 25 septembre 1994, à 21h environ, il fut kidnappé par un groupe armé qui le surprit dans un café-bar, pas loin de Tizi-Ouzou.

Son enlèvement a bouleversé toute la Kabylie qui s'est solidarisée jusqu'à sa libération survenue le 10 octobre aux environs de 20h dans un café à Ait Yenni. Durant seize jours de séquestrations, Matoub a été condamné à mort par un tribunal islamique. Grâce à la mobilisation de la population, Lounès a retrouvé les siens sain et sauf. Cet enlèvement a suscité beaucoup de spéculations à tel point que certains l'accusent d'avoir monté un scénario lui-même pour se faire un nom et avoir une grande personnalité. Quelle absurdité ! Lounès a passé quinze nuits de séquestration pendant lesquelles il ne voyait que la mort - une mort atroce - devant ses yeux, se sentait parfois interpellé moralement pour essayer de se justifier et de prouver l'authenticité de son enlèvement. Matoub disait à propos de ces gens : « ceux qui parlent de mise en scène veulent me pousser à bout. Je les gêne tant sur le plan professionnel que politique. Ce sont des individus qui aiment vivre d'amalgames, de calomnies et de mensonges.»

Depuis, en dépit de ce qu'il a subi comme « torture » psychologique pendant sa séquestration et les menaces qui pesaient sur lui, il n'a pas cesser de chanter et de continuer son combat pour tamazight, pour la démocratie et contre l'intégrisme islamiste. Pendant ces moments cruels et sous l'autorité des terroristes, il demeurait inquiet pour son sort lui, qui est conscient du danger qu'il avait concouru. Il est jugé pour ses chansons, il racontait dans son livre rebelle qu'un procès s'est déroulé dans la forêt : « " C'est toi l'ennemi de Dieu." Je n'ai pas répondu. Ensuite, il a passé en revue tous ce qu'ils avaient à me reprocher. J'ai compris à ce moment-là que mon " procès " se préparait. En tête des chefs d'accusation, évidemment, mes chansons. " C'est à cause de tes chansons que la Kabylie est en train de sombrer dans le néant, c'est toi le responsable. " Je n'avais donc que d'autre choix que d'abandonner, je devais cesser de chanter. L'exemple, le modèle qu'ils me citaient sans cesse était celui de Cat Stevens, que tous appelaient de son nom musulman, Youssef Islam. Ce très grand chanteur avait décidé du jour au lendemain de quitter sa vie passée pour embrasser l'islam et rejoindre " les rangs du djihad " »

En revanche, on lui reprochait ses "blasphèmes" recommencés à l'encontre de l'Islam et du Coran, La chanson qu'il avait écrite après la mort de Boudiaf, L'Hymne à Boudiaf, lui a valu une interpellation particulièrement vive : " Comment as-tu pu écrire sur ce chmata, cette saleté ? Tu ne sais pas qu'il a envoyé dix mille de nos frères dans le Sud algérien dans des camps de concentration ? " cependant, ils l'ont mis au même pied d'égalité que Salman Rushdie. Enfin et après un long interrogatoire qui durait des jours, c'est-à-dire, le 10 octobre de la même année, ils le libérèrent en lui confiant un message aux Kabyles.

Lounès était aussi un fervent supporter de la JSK depuis longtemps, il a d'ailleurs composé plusieurs chansons sur le club kabyle, bien que les dirigeants de la JSK n'étaient pas favorables à ce que ce club soit une tribune d'expression pour la revendication identitaire. Le jour de l'enlèvement de Lounès, un ami à lui, tenta vainement de persuader les dirigeant de la JSK de rompre la rencontre l'opposant à un club des Aurès (un autre club berbère), Il écrit dans son livre Rebelle : « Un ami est allé trouver la JSK pour demander aux responsables du club d'annuler la partie. Refus. Il a proposé alors que les joueurs portent un brassard noir à la mi-temps. Nouveau refus. Ou les responsables ne se sentaient pas concernés, ou ils craignaient d'éventuelles représailles. Ils ont souvent manqué de courage. La preuve : je leur avais demandé de sponsoriser le Mouvement culturel berbère lors d'un match important…». « Leur refus a été catégorique, sous prétexte que le danger était trop grand. Le danger terroriste, bien sûr. Les dirigeants de la JSK à mon sens, ne sont pas réellement sensible à la cause berbère. ».

Le 24 novembre 1994, Matoub a été l'hôte du directeur de l'UNESCO, en présence de nombreux hommes des arts, des lettres et des journalistes lui rendant hommage pour son combat pour la démocratie. A l'issue de cette rencontre, Lounès a remis à son hôte le coffret complet de son œuvre. Aussi, en guise de reconnaissance et de récompense pour son combat pour la démocratie, il reçoit le 06 décembre de la même année, le Prix de la Mémoire qui lui a remis Madame Danielle Mitterrand à l'amphithéâtre de l'université de la Sorbonne à Paris. Il devient le chanteur le plus médiatisé. Sa popularité ne cesse de prendre de l'ampleur. Sa carrière de chanteur s'approfondit considérablement en faisant dans l'innovation artistique. Ses dernières productions parlent d'elles-mêmes tant sur le plan musical qu'à travers les textes.

En dehors de la France où il se produit très souvent, Lounès a animé un gala le 16 janvier 1993 à Montréal, à l'occasion du nouvel an berbère, puis à New-York le 20 janvier 1993 et en Californie le 13 mars de la même année.

En janvier 1995, il publie aux éditions Stock, à Paris, un livre sur sa vie qu'il considère comme un reflet de son parcours, il disait à propos de cela : « cet ouvrage est la somme de toutes les souffrances passées. Mon rapt, puis ma libération grâce à la mobilisation de la population a été le déclic qui déclenché le besoin d'écrire. C'était un moment important dans ma vie. Quand j'ai été blessé, la population a été pour moi d'un grand réconfort psychologique. Par contre le dernier épisode a été très fort, très douloureux. 15 nuits de séquestration c'est 15 morts consécutives. J'en garde encore des séquelles. C'est ce qui m'a motivé pour écrire ce livre. L'écrit reste comme un témoignage impérissable du péril islamiste auquel certains osent trouver des circonstances atténuantes et vont même jusqu'à le soutenir ».

Deux années après ce succès, en 1997 le rebelle rencontrera Nadia qui deviendra sa troisième femme, après Saadia. Le 25 juin de l'année suivante, revenant de Tizi-Ouzou, afin de rentrer chez lui en compagnie de sa femme et ses belles sœurs, Matoub Lounès fut lâchement assassiné par un groupe armé qui l'assaillirent en tirant sur son véhicule d'une bourrasque de balles de kalachnikov. Ainsi nous quitta à ne plus jamais le symbole de la chanson engagée d'expression kabyle. Tel un coup de tonner, l'information jaillissait de partout la Kabylie. Une grande révolte des populations de Lounès succéda à sa disparition…

Bouleversé par les événements, attaché par fidélité à son combat et contraint de mener sa vie telle que voulue pour cause d'insécurité, telle était la situation dont s'était retrouvé Matoub Lounès. C'est son choix ; « Moi j'ai fait un choix. Tahar Djaout avait dit : il y a la famille qui avance et la famille qui recule. J'ai investi mon combat aux cotés de celle qui avance. Je sais que je vais mourir dans un, deux mois, je ne sais pas. Si on m'assassine, qu'on me couvre du drapeau national et que les démocrates m'enterrent dans mon village natal Taourirt Moussa. Ce jour-là, j'entrerai définitivement dans l'éternité ».

De par ses textes, ses chansons, ses interventions…nul ne peut nier ni le talent de Lounès dans la chanson, ni son combat pour une Algérie debout, ni son militantisme zélé pour l'aboutissement de la revendication identitaire.

Dans son dernier album il reprend l'hymne national à sa manière, malgré les dangers qu'ils attendaient : « Je sais que ça va me valoir des diatribes, voire un enfermement, mais je prends ce risque, après tout il faut avancer dans la démocratie et la liberté d'expression »

Il était aussi un fervent défenseur du système fédéral qu'il considérait comme solution à tous les maux de l'Algérie : « Le régionalisme est une réalité politique, il s'agit de l'assumer dans un système fédéral. L'histoire a façonné le peuple algérien suivant des composantes distinctes, qui expriment aujourd'hui des aspirations contradictoires. Il faut diaboliser cette notion de fédéralisme qui est une forme d'organisation très avancée. Régionaliser, c'est donner plus de pouvoir aux régions. C'est pour le bien de tout le pays. Plusieurs exemples dans le monde montre l'efficience de cette forme d'organisation ».

Quelles que soient nos tentatives de faire valoir l'expression, les mots seront pauvres pour évoquer le sacrifice, et l'activisme de Matoub. Le moins qu'on puisse dire qu'on a perdu, un grand chantre, un vrai patriote, un véritable militant de la cause démocratique. Un Rebelle, tout cours !

Six ans après la mort: Le 25 juin 1998 à la mi-journée, Lounès Matoub fut assassiné pas loin de son village au cœur de la Kabylie. Cet assassinat a bouleversé le monde entier et la Kabylie en particulier. La population kabyle a aussitôt déferlé sur Tizi-Ouzou. Des manifestations publiques ont gagné le pays Kabyle entier. Quelques heures après cet assassinat, Noureddine Aït-Hamouda intervient dans les médias internationaux (comme France-Infos) pour affirmer que les assassins sont les islamistes du GIA, idée fixe également développée par Khalida Messaoudi, alors députée-RCD au parlement algérien. C’est ainsi une véritable "pression" médiatique qui s’exerce pour faire admettre la thèse du GIA dans l’assassinat de Lounès. Même Malika Matoub, la sœur de Lounès, déclare que les assassins sont les islamistes du GIA. Plusieurs observateurs se posaient déjà la question de l’intérêt du RCD à vouloir imposer à l’opinion la thèse du GIA dans cet assassinat.


Malgré cette pression, les jeunes manifestants de Kabylie envahissant les rues clamaient fort "Pouvoir assassin !". Cette phrase à elle seule résume ce que pense la Kabylie profonde de cet assassinat. La junte militaire, au pouvoir depuis 1962, est clairement mise en cause et rendue responsable de ce crime politique par les foules des manifestants.


Quelques jours plus tard, Malika Matoub revient sur ses déclarations initiales et, avec sa mère, demande à ce que toute la vérité soit faite sur l’assassinat. Elles exigent qu’une véritable enquête soit diligentée. Elles relèvent plusieurs points d’ombre dans la gestion faite par les autorités de cette affaire. À ce jour elles ne cessent de demander à ce que toute la lumière soit faite sur cette affaire.


C’est au tour de Nadia Matoub, par la suite, de se joindre aux voix de Malika et sa mère pour demander une enquête sur l’assassinat. Elle n’exclut aucune piste quant aux auteurs et commanditaires de l’assassinat.


Dans un texte rendu public par le MAOL, Mouvement algérien des officiers libres, en désaccord avec les généraux au pouvoir, il est donné des détails très accablants concernant l’assassinat de Matoub Lounès. Des responsables du RCD à l’époque de l’assassinat de Lounès, en l’occurrence Noureddine Aït-Hamouda et Khalida Messaoudi, ont été cités dans ce texte. D’après le MAOL, Noureddine Aït Hamouda aurait joué un rôle important dans le complot de l’assassinat de Lounès commandité par le haut commandement militaire algérien dans le but de déstabiliser Zeroual et le pousser au départ.


Les éléments du MAOL ne peuvent être qu’une frange de la junte militaire algérienne ; ils sont donc du sérail et s’ils ont évoqué l’affaire Matoub ce n’est que parce qu’ils ont un quelconque intérêt et ce n’est sans doute pas le désir de contribuer à faire connaître la vérité sur cette affaire qui les anime. Eux qui sont des nationalo-arabo-islamistes. Mais dans leurs déclarations ils ont cité des noms et ont évoqué des faits ; ce sont ces éléments qui nous intéressent. Et aux personnes citées de se prononcer et donner leurs versions quant aux faits relevés par le MAOL. Ces personnes doivent notamment démentir les déclarations des officiers du MAOL s’il y a diffamation.


L’autre épisode ayant marqué l’affaire Matoub est le reportage réalisé par la chaîne de télévision française Canal+, dans le cadre de son émission "90 minutes", consacré à l’affaire Matoub et intitulé "la grande manip". Ce que l’on peut retenir de ce reportage c’est la convergence de l’ensemble des témoignages vers la thèse d’un assassinat organisé par la junte militaire algérienne. Les témoignages de Malika et Nadia Matoub incitent à se poser des questions quant à l’intérêt du RCD, ou du moins de certains de ses membres dont Noureddine Aït-Hamouda, à vouloir imposer à l’opinion la thèse du GIA dans l’assassinat de Matoub. Ainsi Malika Matoub affirme être félicitée par Noureddine Aït-Hamouda pour avoir soutenu que le GIA était le responsable de l’assassinat. Il lui aurait même proposé de lui faire rencontrer des personnes du haut commandement militaire qui sont satisfaits de ses déclarations. Nadia Matoub, affirme néanmoins que des éléments du RCD lui avaient promis des visas pour elle et ses sœurs ; en contrepartie, elle devait tenir une conférence de presse à Tizi-Ouzou pour laquelle ils lui ont rédigé la déclaration préliminaire qui disait en substance que les assassins étaient des éléments du GIA.


Dans leur ouvrage [1] publié récemment chez les éditions La Découverte, Lounis Aggoun et Jean-Baptiste Rivoire reviennent sur l’assassinat de Lounès et donnent un certain nombre de détails sur l’avant et après assassinat. Ils nous apprennent, par exemple, que le jour de l’assassinat un barrage de gendarmerie s’est mis en place sur la route d’At Douala et les gendarmes se sont mis à dévier la circulation de cette route : seule la Mercedes noire de Lounès sera autorisée à emprunter cette route sur laquelle elle sera mitraillée quelques minutes plus tard...


Avec tous les éléments que nous connaissons à ce jour, il est difficile de ne pas penser que le régime algérien ne soit pas responsable de l’assassinat de Matoub Lounès. La complicité de Kabyles de service est plus qu’évidente ; il était même nécessaire.


Mais si l’on admet cette hypothèse, est-il raisonnable aujourd’hui de s’attendre à ce que l'État algérien fasse la lumière sur cette affaire ? Cet État est-il en mesure de révéler la vérité sur cet assassinat tant que les clans qui l’ont confisqué ont tout intérêt à la cacher ? Peut-on vraiment parler de justice dans un État où la mafia militaire fait de la "bonne gouvernance" ? À force d’attendre la lumière sur cette affaire, nous finirait-on pas par rester dans l’obscurité... et oublier ?


Vaut mieux donc dire que la vérité nous la connaissons : l’ordre d’exécution émanerait du haut commandement militaire algérien. L’exécution de cette tâche a été confiée aux gendarmes et aux supplétifs locaux...



Jeunesse

A l'age de neuf ans, il fabrique sa première guitare à partir d'un bidon d'huile de moteur vide, et compose ses premières chansons durant l'adolescence.

Sa prise de conscience identitaire et culturelle débute à la confrontation armée entre les Kabyles et les forces gouvernementales en 1963-1964.

En 1968, le gouvernement algérien introduit une politique d'arabisation dans le système éducatif au détriment du berbère. Matoub réagit en n'allant pas à l'école. Finalement, il quitte le système éducatif et devient autodidacte. En 1978, il émigre en France à la recherche de travail.

Début de carrière musicale

Arrivé en France, Matoub Lounès anime plusieurs soirées dans des cafés parisiens fréquentés par la communauté kabyle. C'est là qu'il se fait remarquer par le chanteur Idir qui l'aide à enregistrer son premier album, Ay Izem, qui remporte un vif succès.

En 1980, le poète se produit pour la première fois à l'Olympia en plein évènements du printemps berbère. Il monte alors sur scène habillé d'une tenue militaire pour manifester son soutien aux manifestants kabyles.

Depuis la sortie de son premier album Ay izem (Ô lion), Matoub Lounès célèbre les combattants de l'indépendance et fustige les dirigeants de l'Algérie à qui il reproche d'avoir usurpé le pouvoir et de brider la liberté d'expression. Chef de file du combat pour la reconnaissance de la langue berbère, il est grièvement blessé par un gendarme en octobre 1988. Il raconte sa longue convalescence dans l'album L'Ironie du sort (1989).


Engagement

Les textes de Matoub Lounès sont revendicatifs et se consacrent à la défense de la culture berbère.

Il s'oppose à la politique d'arabisation et d'islamisation de l'Algérie. Il parle le kabyle, le français, et comprend l'arabe sans l'employer. C'est un partisan de la laïcité et de la démocratie, et s'est fait le porte-parole des laissés-pour-compte et des femmes. Il se disait être un "Algérien autochtone de ce pays"

Opposé à l'islamisme et au terrorisme islamiste, il condamne l'assassinat d'intellectuels. Il fut enlevé le 25 septembre 1994 par le GIA (Groupe Islamique Armée), puis libéré au terme d'une mobilisation de l'opinion publique de la communauté kabyle. La même année, il publie un ouvrage autobiographique, Rebelle, et reçoit le Prix de la mémoire des mains de Danielle Mitterrand.

En 1996, il participe à la marche des rameaux en Italie pour l'abolition de la peine de mort alors qu'en mars 1995, le S.C.I.J.(Canada) lui remet Le Prix de la Liberté d'expression.

En 1998, il sort les albums Tabratt i lḥukem et Ilḥeq-d zzher. Ces derniers sont de genre chaâbi. Il y dénonce la lâcheté et la stupidité du pouvoir algérien. Le morceau Tabratt i lḥukem de l'album éponyme, est construite en « kacide » (enchaînement de musiques différentes). Le dernier morceau est une parodie de Kassaman, l'hymne national algérien.

Le 25 juin 1998, il est assassiné sur la route menant de Tizi Ouzou à At Douala en Kabylie à quelques kilomètres de son village natal (Taourirt Moussa). Les conditions de ce meurtre n'ont jamais été élucidées. Les funérailles du chanteur drainèrent des centaines de milliers de personnes, tandis que toute la région connut plusieurs semaines d'émeutes.

Le 30 juin 1998, le GIA revendique son assassinat.


Legs

Une fondation portant le nom du chanteur a été créée par ses proches pour perpétuer sa mémoire, faire la lumière sur l'assassinat et promouvoir les valeurs d'humanisme défendues pendant la vie de Matoub Lounès .

Cinq rues portant le nom de Matoub Lounès ont été inaugurées en France à sa mémoire :

* A Paris
* A Aubervilliers
* Dans la commune de Saint-Martin-d'Hères près de Grenoble.
* À Vaulx-en-Velin près de Lyon le 22 novembre 2003.
* Dans la commune de Pierrefitte-sur-Seine
* Une maison du quartier (inaugurée en octobre 2002) et une crèche portent son nom dans la ville de Montreuil (93100).

Matoub Lounès est de tous les artistes kabyles, le plus connu en Kabylie comme dans le monde entier en raison de son engagement.

Sa musique s'appuie sur l'usage d'instruments traditionnels comme le mandole et reprend les thèmes du folklore kabyle.

En 2001 le Groupe corse Canta U Populu Corsu dans leur album Rinvivisce rend hommage à sa lutte et ses souffrances.


Discographie

L'œuvre de Lounès Matoub se compose de 28 albums (ou 34 volumes).

1978 : Ay Izem

1. Ay Izem (Ô lion)
2. Ifenanen
3. Tegrawla-nneɣ
4. Aqlaɣ
5. Ya lferh-iw
6. Leḥbab-iw
7. Terriḍ
8. Anfiyi


1978 : Daεwessu

1. A yemma aεzizen (Très chere mère)
2. Azul felawen
3. Nehder mitmal ddunit
4. Tiɣratin an ṛuḥ
5. Inaɣd ayen akka
6. Ddeεwessu (La malédiction)


1979 : Ṛuḥ ay aqcic

1. Yaw at n magret
2. Ṛuḥ ay aqcic (Va, jeune homme)
3. Eqdaɣ lyass
4. Ur diyi-sseḍlam (Le sort affligé)
5. Ay akal hader
6. Idewweṛ i wedrar (La montagne encerclée)
7. Amirouche et Ferhat
8. Yeb°ded lawan
9. Acangal yezi
10. Arqiq lhal-iw


1979 : Yekkes-as i znad ucekkel

1. Yekkes-as i znad ucekkal
2. Ay imesdurar (Les montagnards)
3. Aken kan id ttaxreɣ
4. A tidett wi kem-iεebban (Le fardeau de la vérité)
5. Iwexxer wagu
6. Ğeṛğeṛ yessawel i Luṛis (Le Djurdjura appelle les Aurès)


1979 : A lḥif yuran

1. Azul a mmi-s idurar (Au fils des montagnes)
2. Ger idurar n Luṛis (Les Aurès)
3. Ufiɣt yeduri tejra
4. Tegrurez
5. Ay idurar n Ğeṛğeṛ (Montagnes du Djurdjura)
6. Abehri
7. A lḥif yuran (Malheur inscrit)


1979 : Ay aḥlili

1. Ay aḥlili (La vérité dans les ronces)
2. Atidett rdju
3. Gara nneɣ ur d yigri usirem
4. Ay ahbib assa ad ṛuḥeɣ
5. Ak°it ay arrac nneɣ (Réveillez-vous, compagnons)


1980 : A ttwaliɣ

1. Waka m di-ssawlen
2. Xas ṛuḥ (Fin de règne)
3. Ay aqcic (Au pays des Kabyles)
4. Annaɣ i yi-iga ṛṛay-iw (La raison dévoyée)
5. Tilelli (La liberté)
6. Uh ay ihbiben-is
7. Ttaṛ-im a m-t-id-rreɣ (Ta vengeance)
8. A ttwaliɣ (Vision)


1980 : Récital à l'Olympia 80 (JSK)

1. Intro
2. JSK
3. Imaziɣen (Hekun)
4. D aɣrib (L'exil)
5. Lgirra tefra
6. Poème
7. Tter


1981 : Assagi liɣ

1. Zhut ay arrac
2. Uh a yemma sber
3. Ya lfehr-iw
4. Poèmes tayeb
5. Tiɣratin
6. Assagi lliɣ (Je suis)


1981 : Slaεbitt ay abeḥri (vol.1: Slaεbitt ay abeḥri, vol.2: Yeḥzen Lwad Aεissi)
Volume 1

1. Sleεb-itt ay abeḥri (Le vent de la liberté)
2. Defreɣ-k s wallen-iw
3. An-nerreẓ wala an-neknu (Plutôt rompre que plier)
4. Ay adrar n At Yiraten (La montagne des Aït Irathen)

Volume 2

1. Yeḥzen Lwad Aεisi (Oued Aissi en deuil)
2. Amuss yezga izedɣiten
3. Lwexda iṣaren (Terrible malheur)
4. Berzidan (Président)


1981 : At Yiraten

1. Muggreɣ At Yiraten (Les Aït Irathen)
2. Iffis
3. A askri
4. A mmi aεzizen (Mon fils adoré)
5. Yenayi aqli ad ṛuḥeɣ
6. Anef-iy

Aseggas ameggaz, Bonne année 2010

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Aseggas ameggaz 2010, Bonne année 2010

Pour cette nouvelle année, toute l'équipe de notre site vous souhaite ainsi qu'à votre famille une très bonne et heureuse année 2010.

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