Les habitants de certaines localités à Bijen et Gourigueur, deux communes dans les daïras respectives d’Oglat Gasses et Bir Mokadeum ont entamé déjà, il y a une semaine, les préparatifs pour célébrer le nouvel an amazigh 2971. Yennayer, qui coïncide avec le 12 janvier, marque pour les Chaouis le début d’une année agraire qui commence par les labours.

Célébrer cette journée pour eux est une manière d’espérer une année prometteuse et généreuse et marquer leur attachement à leurs terres. Peu de gens dans ces bourgades perdues au sud de la wilaya de Tébessa connaissent l’histoire qui fait remonter Yennayer à l’accession du roi amazigh Chachnaq au trône pharaonique après sa victoire contre Ramsès III en 950 av. J.-C., mais une chose est sûre, ils avaient toujours célébré cette journée depuis fort longtemps. «Dès la première décade du mois de janvier, on prépare des plats traditionnels, on change des ustensiles de cuisine, notamment les poteries, on nettoie nos cheminées et on fait plein de choses comme se préparer pour une nouvelle année», se remémore Lalla Aicha, une octogénaire demeurant autrefois dans un douar près d’Oglat Gasses.

Cependant, au fil du temps, les rituels traditionnels pour fêter cette journée officiellement célébrée pour la première fois le 12 janvier 2018 ont tout de même changé d’une région à une autre prenant différentes formes et s’enrichissant par l’héritage culturel, historique et social des différentes tribus de la wilaya. «À Tébessa, le mode de célébration change d’une localité à une autre selon les coutumes. Dans le Sud, on prépare des plats traditionnels comme le couscous, la chekhchoukha, la bouillie et des visites familiales sont au menu, alors que dans d’autres régions, on prévoit en hiver du rfis et de la maltoukha, deux confiseries faites à base de datte et de galette avec une tasse de thé vert», a expliqué Belgacem Abderazak, enseignant de philosophie.

Dans les établissements scolaires de la wilaya, des élèves ont activé pendant une semaine pour préparer des expositions vouées aux coutumes des populations berbères de la région de Tébessa, donnant notamment à admirer de riches collections d’habits et de bijoux traditionnels que les femmes chaouies aiment porter notamment lors des fêtes de mariage, écrire des poèmes à l’occasion ou encore préparer de la bouillie, du couscous et du masfouf pour célébrer le nouvel an amazigh à leur façon.

En 2014, Tébessa avait abrité les festivités officielles du nouvel an amazigh 2964 organisées sous la houlette du Haut Commissariat pour l’amazighité (HCA), avec au menu des soirées poétiques, des projections de vidéos sur l’histoire des Amazighs en Algérie et en Afrique du Nord et des débats pour la réappropriation de la dimension amazighe de l’Algérie.


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