Le 56e vendredi, le dernier d’une longue série

Sur le plan politique, le coronavirus a eu des implications directes sur le cours des événements en Algérie. C’est pour cela que plus d’un parmi les militants et activistes contestataires ont estimé que la crise sanitaire a été «bénéfique» pour le pouvoir en place.

Le hirak, né au mois de février de l’année 2019, a subjugué tous les pays du monde de par son pacifisme, mais également son endurance. Avec deux manifestations par semaine, le mardi pour les étudiants en plus des marches du vendredi, la protestation a duré plus d’une année avant qu’elle ne s’arrête en raison de la crise sanitaire mondiale liée à la propagation de la Covid-19. Si le hirak a faibli, à certains moments, il n’en demeure pas moins qu’il a toujours trouvé les ressources nécessaires pour se relancer.

Sur le plan politique, le coronavirus a eu des implications directes sur le cours des événements en Algérie. C’est pour cela que plus d’un parmi les militants et activistes contestataires ont estimé que la crise sanitaire a été «bénéfique» pour le pouvoir en place qui faisait face, depuis février 2019, à une pression de la rue inégalée.

Bien entendu, la cessation des marches ne veut pas dire que la situation politique a avancé dans le bon sens, puisque, lors du référendum sur la Constitution, qui a eu lieu le 1er novembre dernier, seuls 23,7% des électeurs se sont prononcés. Un score historiquement bas qui traduit un profond malaise et indique que même si les manifestations des mardis et vendredis ne sont plus organisées, le sentiment de rejet chez une partie de la population est toujours là.

A cet effet, il faut rappeler que le dernier vendredi du hirak était le «56e», et a eu lieu le 13 mars 2020. Beaucoup de monde était sorti dans les rues de plusieurs villes, notamment la capitale, alors que le premier foyer avait été déjà découvert dans la wilaya de Blida.

Le premier cas avait été signalé à la fin du mois de février, soit le 25 février. C’était un ressortissant italien exerçant dans le sud du pays. Entre-temps, les autorités ont commencé à alerter contre le risque de propagation.

D’ailleurs, quelques jours plus tard, le 21 mars plus précisément, les autorités avaient décidé de prendre les premières mesures de confinement, dont l’interdiction de toute marche ou rassemblement. Par ailleurs, des personnalités, associations et partis politiques, se reconnaissant dans le hirak, avaient commencé à lancer des appels afin d’arrêter «momentanément» les manifestations, et ce, pour des raisons de santé publique.

Ainsi, le vendredi 20 mars 2020, qui devait être le «57e», la marche n’avait pas eu lieu. Les hirakistes avaient décidé, d’eux-mêmes, de ne plus occuper la rue le temps que la crise sanitaire disparaisse. Une crise qui finalement a duré, puisqu’elle a bouclé une année.

Si les manifestations ont cessé, la mobilisation était par contre toujours là, notamment en soutien aux détenus d’opinion. Plusieurs arrestations de militants et d’activistes ont eu lieu alors que le hirak avait mis un terme à ses marches hebdomadaires.

C’est d’ailleurs en partie ce qui a poussé plus d’un à vouloir reprendre ces manifestations. Il y a eu des tentatives durant l’été, notamment en Kabylie. Au mois d’octobre aussi, en commémoration du 5 Octobre 1988. Plusieurs arrestations ont eu lieu d’ailleurs ce jour-là, surtout à Alger.

Mais c’est le 16 février dernier que les Algériens ont renoué avec les grandes marches. Des milliers de personnes, venues même de diverses régions, ont battu le pavé à Kherrata pour «fêter» le deuxième anniversaire du hirak ; les habitants de cette ville avaient marché le 16 février 2019.

Deux jours plus tard, c’était au tour de Khenchela de renouer avec les marches ; des citoyens de cette wilaya s’étaient rassemblés le 19 février devant le siège de l’APC en soutien à Rachid Nekkaz, avant d’enlever le portrait géant de Bouteflika accroché sur la façade de la mairie.

Qu’en sera-t-il aujourd’hui, 22 février 2021 ? Personne ne peut faire de prévisions. Néanmoins, beaucoup d’activistes et de militants ont lancé des appels pour reprendre les marches. D’autant plus que la situation sanitaire semble s’améliorer, les autorités ont levé la majorité des mesures de confinement, même si le risque est toujours là.


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